Nathan James est un guitariste californien plébiscité par ses pairs. Et pourtant, il a appris à jouer son instrument sur le tas. En outre, ce jeune homme est capable de fabriquer ses propres guitares. Possédé par le blues, il aime se produire en ‘live’ comme un homme-orchestre. Il cumule en même temps les percussions, l’harmonica ou le kazoo! Ses débuts remontent à sa tendre enfance ; et il peut donc se targuer d’une expérience de plus de quinze années sur les planches. Il n’a que 19 ans lorsque l’un des maîtres du blues californien, l’harmoniciste James Harman l’engage. Une décision que ce vétéran du blues local ne regrettera jamais. Ils collaboreront pendant près de quatre ans. Nathan fait alors la connaissance du chanteur/harmoniciste Ben Hernandez. Ils fondent un duo acoustique, empruntant alors un style susceptible de rappeler les mythiques Sonny Terry et Brownie McGhee. En 2007, le duo décroche le très appréciable International Blues Challenge de Memphis.
Mais Nathan a toujours envie de progresser. De tirer parti de toutes les influences qu’il a assimilées pour les restituer au cœur d’un groupe. Tant le Delta blues des années 20 et 30 que le R&B des années 50 et 60. Tout en apportant sa touche personnelle et même en cherchant à créer un style bien personnel. Qu’il va alors baptiser ‘Washtar soul’. Il monte son trio, les Rhythm Scratchers, en recrutant le drummer Marty Dodson, longtemps membre des Blues Survivors de Mark Hummel, et le bassiste/harmoniciste Troy Sandow, également issu du James Harman Band.
Nathan est armé de sa Tri-tar, guitare à trois cordes montées sur une planche à lessiver! Le rythme est très nerveux. Propice à la transe, l’atmosphère est très proche de celle des collines du Haut Mississippi. “What you make of it” baigne au sein d’un même climat. Les changements de rythmes évoquent les grandes chevauchées popularisées par la conquête de l’Ouest! “Black snakin’ jiver” est une reprise très traditionnelle d’un titre de Blind Boy Fuller. Un ragtime poussiéreux taquiné par le kazoo de rigueur. La reprise du lent “Later on” de Jimmy McCracklin est majestueuse. Le son pourri et réverbéré émane d’une guitare baritone. Un sommet de cet opus! Country blues, "Get to the country" est directement inspiré par Furry Lewis. L'harmonica de Sandow est lumineux et puissant! Nonobstant ses interventions d’harmo dans les aigus, "Make it on your own" est un blues immaculé que chante Nathan d’une voix paisible. James Harman chante et joue de la musique à bouche sur "Rhino horn", une de ses compos, une chanson évoquant les vertus d'une corne de rhinocéros. La rythmique est chargée d’intensité pendant que Mr James se réserve un superbe envol sur ses cordes métalliques. Slim Harpo hante l’instrumental "Blues headache". La torpeur des marais louisianais est bien restituée par la Tri-tar slide. Les saxophones de Johnny Viau et Archie Thompson alimentent "I'm a slave to you", une piste qui trempe dans la soul des 60s, malgré une sortie percutante sur les cordes. "You led me on" est une autre pépite de l’elpee. Très percussif, agrégeant à la perfection vocaux, percus et harmonica chromatique, ce titre nous transporte une nouvelle fois aux pays des collines du Mississippi. De toute bonne facture, ce long playing s’achève par une dernière sortie instrumentale, intitulée "Tri-tar shuffle twist".