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Nona Mez

Trop de précaution nuit...

'A chilly night' au Nijdrop d'Opwijk, une maison des jeunes s'improvisant presque toutes les semaines salle de concert. Au programme de cette soirée à l'ambiance résolument feutrée : Nona Mez, alias Geert Maris, de Leuven, et Windsor For The Derby, combo américain à géométrie variable, lointain cousin de This Heat, PIL et Tortoise.

 
 

Nona Mez et son « Songs of Leaving » nous avait scotchés fin de l'année dernière, avec une recette pourtant maintes fois ressassée : une guitare acoustique, un clavier et une voix vaporeuse, susurrant de mornes complaintes sur l'amour et ses dérives. De dérives, il en était fortement question ce soir, à cause d'une maladresse qui fit perdre la patience de notre jeune ami, puis, rapidement, la nôtre. Une guitare qui tombe, et voilà que le tatillon Maris s'énerve et bâcle ses compos, pourtant fort belles… Et la méticulosité, en concert, ça saoule : à force de vouloir réaccorder sa guitare pendant une plombe à chaque fin de morceau (pire : pendant), Nona Mez nous aura fait oublier l'essentiel : que son disque est fort joli. Comme quoi, le live n'est pas une cure pour les timides et les maniaques.

 
 

Heureusement, Windsor for the Derby était là pour sauver la mise, avant que la soirée ne soit rebaptisée « A boring night » : leur post-pop entre L'Altra et The Sea & Cake au placard le temps d'une heure, c'est sous les traits soniques de chevaliers de l'Apocalypse noisy-punk-funk que l'on a pu apprécier, ravis, ces Américains au look impeccable. Une tornade de rythmes binaires hypnotiques, de riffs en boucles, de paroles ânonnées avec grâce : Windsor for the Derby nous aura cloués sur place. Comme l'acid rock à la Grateful Dead, le minimalisme à la Terry Riley et le punk incisif à la Wire, Windsor for the Derby nous aura embarqués dans une quatrième dimension que seuls les grands groupes arrivent à traverser, sans se brûler les ailes. Une fois les dernières notes retentissant dans la salle, le choc avec la réalité fût rude : la marque des grands groupes, assurément.

 

Nona Mez

Out of Touch

Comme sur ses deux premiers albums (« Songs Of Leaving » et « Cast In Concrete »), Geert Maris chante pour ceux qui ont connu l’amour, et qui l’ont perdu. Qu’il en parle à la première ou à la troisième personne, c’est d’ailleurs du pareil au même : ici tout est question de désespoir, d’adultère, de mauvaise foi et de vague à l’âme, comme souvent le ressent celui ou celle chez qui ne restent que les yeux, et l’amour propre (un semblant…), pour pleurer. On a beau se rassurer en tentant de se convaincre qu’on est ‘hors de portée’, l’ombre, elle, ne s’efface pas forcément quand le soleil se lève. Et c’est ce que chante Maris. Avec toujours dans la voix cette pointe d’ironie qui sauve du naufrage, mais pas de l’amertume… Héééé ouais : c’est pas drôle, hein, la vie de romantique ! Et l’on ressasse, et l’on essaie de comprendre, et puis au lieu de prendre du Xanax on fait un disque où on se confie, et c’est déjà ça de gagné, au prix où coûtent les psys ! Au troisième, forcément, rien n’a changé : la thérapie est longue. A peine se sent-on plus confiant, ce qui explique peut-être l’envie de Geert Maris d’être entouré de potes : Peter Pazmany au piano, Davy Deckmijn (Zornik, Tom Helsen) à la batterie et Bart Van Lierde (Zita Swoon, Zornik) à la basse. Un vrai groupe, donc, qui permet aux chansons de gagner en texture, en profondeur, et en radiophonie… Bref, le résultat vaut bien du Novastar, en moins U2. L’ambiance d’un dîner aux chandelles, mais sans les allumettes. Visiter le zoo d’Anvers en hiver. Manger seul en regardant « La Cible ». Se réveiller le soir en croyant que c’est le matin. Bref. Nona Mez, c’est du propre. De l’amour, du Prozac et d’autres curiosités.

Nona Mez

Cast In Concrete

Il y a un peu plus d'un an, le premier album de Geert Maris surprenait son (petit) monde en déroulant son tapis noir de chansons tristes et dépressives, à la manière d'un Polar ou d'un Damien Rice. Depuis lors, ce " Songs of Leaving " accompagne nos plus froides soirées d'hiver, en parfait confident de nos rancœurs amoureuses. Sur ce nouvel album, il est toujours question d'amour déchu sur fond de folk timide et dénudé. Geert Maris est doué pour nous tirer des larmes : quand il caresse son piano ou embrasse sa guitare, c'est exécuté avec l'humilité de celui qui n'a rien à prouver mais tout à donner. Qu'il nous confie ainsi ses peines de cœur sans aucune pudeur suffit pour nous convaincre : voilà l'ami qu'il nous manquait, un être cher qu'on ne connaît pas mais qui comprend nos peurs. Dans une autre vie, on s'échangerait nos disques de folk tout en se confiant mutuellement nos ruptures. Ca nous rendrait plus fort, et l'on oserait à nouveau parler aux filles, le regard fier et la bouche quémandeuse. Pour l'instant, on réécoute ce " Cast in Concrete " avec recueillement, dans l'espoir qu'un jour ces chansons grises se parent de couleurs plus joyeuses. L'amour existe, mais il est bien caché.

Nona Mez

Songs Of Leaving

Derrière Nona Mez se cache un certain Geert Maris, 27 ans, songwriter délicat de Leuven qui devrait, en toute logique, récolter tous les suffrages. Logique, car ce " Songs of Leaving " recèle de splendides perles sculptées dans le folk, assez proches de celles de Polar du temps où le Suisse broyait du noir. Car noires, ces morceaux le sont, mais d'un noir éclatant, comme un diamant. S'il y a avait une justice, Geert Maris devrait accéder au rang de songwriter adulé par des hordes de fans transis, pour qui Elliott Smith et Tom McRae sont des grands. Parce que Maris compose et chante aussi bien que ces deux-là, et vient d'ici, alors, m…., pourquoi le bouder ? Piano-guitare-voix : il n'en faut pas plus pour que ce " Songs of Leaving " déroule son tapis rouge étincelant. Noir, rouge : reste le jaune, et c'est la joyeuse entrée assurée de Nona Mez dans le cercle restreint des chanteurs-compositeurs les plus talentueux de notre plat pays (Tom Barman, Joost Zweegers (Novastar), Arno). Le jaune : une couleur lumineuse. Malgré la tristesse apparente qui se dégage de chansons comme " Something That You Say " ou " Twenty-six or Seven ", " Songs of Leaving " brille de mille feux, ne serait-ce que par la finesse de ses arrangements. Pour sûr, on tient là un artiste maison qui vaut le détour. Son album est un trésor, qui nous change un peu du bric-à-brac à la mode anversoise. Nona Mez, c'est d'abord une voix (sensuelle), un piano (charmeur), et c'est à peu près tout. Pourtant, ça suffit. Amplement. ‘Een aanrader’, qu'on appelle ça en flamand. Echt waar.