Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Ozma

New Tales

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Les musiciens d’Ozma se sont rencontrés en fréquentant l’Académie Musicale de Strasbourg. Et en 2001, ils décident de monter un groupe. Un quartet réunissant le saxophoniste David Florsch, le guitariste Adrien Dennefeld, le bassiste/claviériste Edouard Séro-Guillaume et le drummer Stéphane Scharlé. Le groupe signe l’intégralité des morceaux de ce "New tales", qui raconte le voyage fantaisiste de Jim, l'étrange compagnon fictif rencontré naguère sur la route de Santiago de Compostelle et qui a participé aux différentes expériences du groupe. La formation considère sa musique comme le fruit de la rencontre entre fanfare mutante et une jungle sonore. D’une manière plus prosaïque, on pourrait la considérer comme de la prog sérieusement contaminée par le jazz et l’électro. Leur premier opus, "Electric Taxi land", est paru en 2007. Le second, "Strange trafic", en 2009. Et "Peacemaker", en 2011. Quoique essentiellement instrumentale leur expression sonore ne manque pas de charme…

Caractérisé par sa chouette mélodie, "Awakening" ouvre l'opus. Le saxophone mène les débats face à une rythmique qui glisse parfaitement sur les enchaînements. "The launch" est une plage rafraîchissante. David Florsch souffle aisément dans son instrument tout au long de ce titre de jazz moderne qui passe bien la rampe. Le tempo s’élève pour "Wide and open", une compo traversée de bruitages électroniques. La progression rythmique est irrésistible et les changements de tempo sont susceptibles d’évoquer King Crimson, même si l’approche demeure personnelle. Et sur cette piste, c’est la basse d'Edouard qui guide ses partenaires. Plus prog, "Belouga" baigne dans l’esthétisme et la sérénité. Des claviers introduisent cette compo réminiscente du Floyd circa 70’s, malgré le recours aux synthés. Des bruitages se mêlent aux percus de Stéphane sur "The drive". Accessible et même accrocheur, "The walk" trempe dans l’ambient. "Supertanker" marque le retour du saxophone. Une piste complexe, déchirante, un peu free, même si on se rend bien compte que tout est parfaitement maîtrisé comme chez Robert Fripp. Plus paisible, "Dark city" se nourrit de jazz rock. Exquis ! L'orgue cède le témoin à la guitare. Un titre hanté par le légendaire Frank Zappa, même si on est ici plus très loin de la fusion jazz-rock instituée par Weather Report… David reprend la direction des opérations sur "Monsters". Il explore un thème free jazz. Ses interventions au saxo me rappellent cependant Dave Jackson, souffleur émérite du Vandergraaf Generator. "Rest and rebirth" (le repos et la re-naissance) retrouve un peu de douceur. Très intéressant, cet opus s’achève comme il avait commencé, par "Tales of Jim", une plage à la mélodie agréable conduite par le saxophone…

 

Bob Brozman

Fire in the mind

Écrit par

Brillant guitariste caractérisé par son souci constant de l’esthétisme, Bob Brozman a vu le jour en 1952. A New York. Très à l’aise dans le blues, le folk ou le jazz, cet ethnomusicologue est passionné par la musique world. Depuis la sortie de "Blue Hula stomp" en 1982, il a publié un nombre impressionnant d'œuvres personnelles. Il est parvenu à adapter et surtout vivre les styles rencontrés aux quatre coins de la planète, auxquels il s’est frotté. Issus des USA bien sûr, mais également des Caraïbes, Hawaï, Afrique, Inde, Japon, et j’en passe… Il a réussi à intégrer, assimiler et maîtriser toutes ces techniques pourtant bien différentes et particulières. Bob chante et joue de tous les instruments à cordes. Tout d’abord, la guitare National Reso-Phonic, mais également le bouzouki, l'ukulélé et la liste est loin d’être exhaustive. Il est soutenu par Jim Norris à la batterie et Daniel Shane Thomas au triangle ainsi qu’à l'accordéon.

"Breathing the blues" ouvre l’elpee. Un blues né d’un savant dosage entre cordes diverses, ponctué de quelques prises de respirations. La musique est très riche. Au sein d’une même compo, on rencontre une multitude d’influences. A l’instar de "Cannibal stomp", un titre caractérisé par ses percus tribales et cette alternance entre cordes espagnoles, italiennes ou indiennes, apparemment hors contexte, mais que maîtrise parfaitement le virtuose. "American House Fire blues" émane du Mississippi profond. On en ressent un terrible frisson. La voix de Bob semble provenir de l'au-delà en faisant revenir ces fameux songsters et autres storytellers d'avant la grande guerre. La Réso-Phonic libère une sonorité métallique d’une grande beauté. A en pleurer ! Dès qu’il en a l’opportunité, Norris imprime le rythme. Notamment sur "Rhythm is the thing". Brozman se laisse entraîner par cet élan. Il chante en tentant de s'accrocher à cette folie de percussions et de cordes. "Blue Mars over Sorrento" est un instrumental bien nerveux. Sublimes, les cordes créatives de Bob émergent des percussions galopantes. Mr Brozman s’exprime dans un patois créole, vaguement inspiré de la langue de Molière, pour chanter "Banm Kalou Banm". Daniel Shane Thomas se réserve l'accordéon et assiste à une superbe envolée de la guitar National. Mr Bob pousse son ukulélé dans ses derniers retranchements pour attaquer "Ow! My uke's on fire". Magique ! Il nous replonge dans le climat oppressant du Delta sur "Memory blues". Son bottleneck caresse subtilement ses cordes, communiquant des cris de détresse. Bouleversant ! Une atmosphère au sein duquel baigne également "Lonesome blues", le titre final de l’opus. Mais aussi le sommet de l’œuvre. L’émotion est à son paroxysme. Le son est limpide. Empreint d’une grande sensibilité, la voix me rappelle la quintessence des chanteurs de blues originels. Skip James, par exemple, l’âme du Bentonia blues (NDR : Ah ce "Devil got my woman"). Un excellent album !

 

Bob Brozman

Post-industrial blues

Écrit par

Agé de 54 ans, ce New-yorkais est considéré comme un artiste complet et génial. Un esthète de la guitare acoustique. Sa musique embrasse une multitude de styles : le blues, le jazz bien entendu, mais aussi le manouche, le swing, le calypso et la world (NDR : de l'Inde, du Japon, des Iles Hawaii, des Caraïbes et issue de bien d'autres endroits de notre globe).

« Post-industrial blues » s’ouvre par "Follow the money". Constituée de Jim Norris à la batterie et de Stan Poplin à la basse, la section rythmique est très présente. La voix de Bob est assurée. Trois guitares National illuminent cette entrée en matière. Mais la technique de Brozman est déjà stupéfiante. "Look at New Orleans" est une plage beaucoup plus atmosphérique. D’abord mielleuse, la voix de Bob libère toute sa colère. Il hurle son amertume devant le sort des déshérités de la Nouvelle Orléans, après le passage du typhon Katrina. Les cordes se détachent comme autant de braises dans ce climat lourd et lugubre. Au cœur de cette solitude ultime, Bob chante le blues du vieil homme ("Old man's blues"), armé d'un banjo à sept cordes aux accents tranchants. Une constante : la    finition et l’excellence de la production de cet opus. Si Brozman se révèle un brillant multi-instrumentiste, il accorde une attention toute particulière à ses vocaux. Bien posés, ils s’intègrent parfaitement à son répertoire. "Airport blues" et "Green river blues" exhalent un subtil parfum d'avant-guerre. "Crooked blues" révèle toute la puissance des cordes. Signé Redd Evans et Joe Ricardel, "Chafafa" est une gourmandise amusante et curieuse. Un plat composé de trois différentes variétés de chou. "Lonely children" campe, à première écoute, une ballade empreinte de charme. Mais rapidement, elle laisse la place à un sentiment de tristesse que Bob éprouve en pensant aux orphelins qui peuplent la terre. Flux et reflux de cordes balaient l’espace sonore : glabama grec, guitare hawaïenne, chaturangui, guitare slide indienne à 22 cordes… Toutes ces sonorités différentes apportent une richesse à l’ensemble. Mais si la mise en place est complexe, elle est surtout majestueuse. D'une voix fatiguée et caverneuse, il interprète le terrible blues des trois familles ("Three families blues"). Cette plage ne respire pas la joie de vivre. Elle évoque les sentiments des émigrés, déçus du rêve américain. Mais aussi des militaires qui assistent à la disparition de leurs camarades dans une guerre aussi inutile que meurtrière : celle de l’Irak. Des compatriotes blessés dans leur peau, leur cœur et leur esprit! "Slow motion blues" constitue sans doute le meilleur blues de cet elpee. Un cri d'amour et de désespoir. Une compo saturée d'intensité, au bord de la rupture. Le disque recèle également une cover plutôt surprenante du "People are strange" des Doors. A nouveau caractérisée par la diversité instrumentale, que se réserve le même artiste, elle est soulignée par la conjugaison des voix entre Bob et de Haley Sage. La plaque se ménage quelques plages instrumentales. Tout d’abord, "Let's get it boy!", un fragment parcouru par les sonorités aigues d’un ghandarvi indien à 14 cordes. Et puis ravissant et fragile "Strange ukulele blues", un morceau irradié par les cordes hispanisantes d'un… ukulélé (of course !) Bob Brozman est à nouveau l’auteur d’un opus franchement brillant!

 

Bob Brozman

Blues reflex

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Bob Brozman est né à New York. En 1954. Il joue de la guitare depuis plus de 45 ans. Un musicien unanimement apprécié, réputé pour sa technique infaillible. Cet esthète du blues fait d’ailleurs autorité dans les milieux branchés. Maintenant, il ne faut pas imaginer qu’il se cantonne exclusivement au blues ; en fait, il aime se frotter aux musiques traditionnelles. Ce qui lui permet d’embrasser d’autres projets. En 2006, il a ainsi enregistré "Songs of the Volcano", en compagnie de 5 musiciens papous, issus de la Nouvelle Guinée. Il a également accompli un exercice de style consacré au ‘world blues’, au cours duquel il aborde divers courants musicaux issus d'Afrique occidentale, d'Inde, des Caraïbes ou d'Hawaï, en intégrant des éléments de jazz, funk, hip hop, ska ou calypso. Sa discographie est très abondante. Ses débuts remontent à 1981. A l’époque, il relevait du label Kicking Mule. Une discographie qu’il a réalisée en solo ou en compagnie de collaborateurs.

Ce nouvel album s’ouvre par l’enregistrement d’un laïus prononcé par le Rev J.M Gates, en 1929!! Bob chante d’une voix monocorde ce "Dead cat on the line", une compo marquée par la sonorité métallique des cordes de sa guitare National Baritone Tricone. Il assure tout lui-même y compris les percussions, n’hésitant pas cogner des objets de culte chinois. Sa façon d'attaquer les cordes est majestueuse et très personnelle. Son blues dégage beaucoup de charme. Sa technique est prodigieuse. Et l’éblouissant "Rattlesnake blues" en est la plus belle démonstration. Il fait littéralement chanter ses cordes tout au long du lumineux "One steady roll". Une forme de beauté immaculée envahit sa musique, tant la sensibilité se conjugue à la musique. Et "Death come creepin" ainsi que "New Guinea blues" en sont les plus beaux exemples. Mais également "It's mercy we need", une plage dont la limpidité procède de son dépouillement. Impressionnant ! Brozman opère également des arrangements de thèmes notoires. Le Poor me" de Charley Patton, tout d’abord. Un morceau qui exsude une tristesse infinie. Le "Cypress Grove blues" de Skip James, ensuite. A découvrir absolument !