Chanteuse, guitariste, auteure et compositrice, Pam Taylor est issue de la Caroline du Sud. Au sein de son backing group figure son propre père, Mike Taylor, préposé au saxophone, mais également le guitariste soliste Kyle Phillips. Et cette équipe tient parfaitement la route. Doué d’une jolie voix, Pam signe de solides chansons inspirées par ses expériences personnelles. Kyle est un bon gratteur et les interventions au sax de Taylor senior sont manifestement originales. "Hot Mess" est le premier opus du PTB (NDLR : rien de politique dans cette histoire !)
Rock/blues, "Smile again" ouvre la plaque, dans un style proche du Cream époque sixties. La voix de Pam est convaincue et convaincante. Le sax paternel cuivre le riff de guitare. Les deux solistes se libèrent déjà, conduits par une soif commune d’évasion. Pam aborde le titre maître sur un ton offensif. Le tempo est vivace. Tour à tour, Mike et le tout jeune Kyle prennent un billet de sortie, sans pour autant nuire à la cohésion de l’ensemble. Phillips est un musicien créatif, et il le démontre sur "Watcha doin'", une excellente compo qui met en exergue les modulations vocales féminines de Pam, dont les dernières phrases sont susurrées. Le sax ténor de Mike hurle pour introduire "It's so easy", un morceau à la ligne mélodique contagieuse et au cours duquel Kyle tire une nouvelle fois son épingle du jeu. Pam chante avec puissance et maîtrise "Not the only one", bien talonnée par l’ensemble des musiciens, parmi lesquels se détache une fois encore le sax dont les oscillations vont et viennent au gré de la chanson, et tout particulièrement de la voix disciplinée de sa fille. Une formule qui fonctionne à la perfection ! "All the same to me" adopte un tempo particulièrement rock. Une plage balayée par les interventions du saxophone et de la slide, mais surtout caractérisée par un riff stonien. Long blues lent, "Next time you think about cheating" me fait penser au "Red house" de Jimi Hendrix. Surtout à cause de la guitare. Car si ce morceau est superbement chanté, c’est par la voix d’une Miss Taylor qui semble possédée. Une seule reprise, "I'd rather go blind". Une ballade r&b régulièrement adaptée et qu’Etta James avait traduite en énorme succès. La nouvelle version n'a rien à envier aux autres. La voix est remarquable. Ravageur, le sax se fond dans les cordes, pour se mettre au service de la composition. Blues rock funkysant, "It ain't the one" épouse un profil proche du mambo. De bonne facture, cet opus s’achève par le tendre "All I got left", blues réminiscent d"It hurts me too" de Tampa Red.