Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Rick Estrin

One wrong turn

Écrit par

Rick Estrin est l'un des meilleurs harmonicistes de blues contemporains. Un disciple des plus grands souffleurs noirs du passé ; et tout particulièrement de Little Walter et Sonny Boy Williamson II. Il s’est forgé une solide réputation auprès de ses pairs et des passionnés du blues. Rick a aussi une forte personnalité. Sa dégaine est très personnelle : les traits du visage découpés au couteau, la mine patibulaire, les fines moustaches, toujours vêtu de costumes d'une autre époque. Il est devenu le leader des Nightcats, en 2008. Il a remplacé le guitariste et fondateur du groupe, Little Charlie Baty, lorsque ce dernier a décidé de ne plus sillonner les routes. Il ne faut cependant pas oublier que Rick est un des fondateurs du band californien. Dès 1976, ce combo était considéré comme un relais vivace et talentueux du Chicago blues urbain. Ce qui s’est traduit par la confection d’une bonne douzaine d'albums, tous publiés sur l'un des plus prestigieux labels de la Cité des vents, Alligator, une écurie créée et toujours conduite par Bruce Iglauer.

Rick est soutenu par un excellent backing group. En l’occurrence le Danois Chris ‘Kid’ Andersen à la guitare, Lorenzo Farrell à la basse et occasionnellement aux claviers ainsi que J. Hansen à la batterie. Estrin et ses acolytes sont de bons compositeurs et ils ont signé les douze plages de ce ‘mauvais virage’! Rick est un brillant lyriciste. Il est ainsi responsable de textes originaux qui décrivent des situations prêtant souvent à sourire.

L'ouverture "D.O.G" est percutante. Un R&B imprimé sur un tempo funk qui vous pénètre. Secondée par les chœurs de son team, la voix nasillarde du leader s’impose. Et lorsqu’il intervient à l’harmo, c’est tout en délicatesse, mais aussi puissance et technique. Un bourdonnement percussif prélude "Lucky you". Estrin est passé sur l'instrument chromatique. Il s’y révèle autoritaire. La compo évolue à très haut niveau. Ses musicos forment un ensemble homogène pour porter leur leader. C’est dans les mêmes conditions que Rick s’attaque à "Callin' all fold", une plage bourrée de swing dont l’ambiance Memphis Blues est alimentée par l’orgue Hammond. Kid s’autorise alors une sortie remarquée sur les cordes. Les croisières sur les mers chaudes des Tropiques récoltent un certain succès chez les bluesmen ; c’est sans doute pourquoi Estrin a écrit "(I met her on the) Blues Cruise", une piste qui bénéficie du concours d’une section de cuivres, parmi lesquels figure Doug James de Roomful of Blues. Evoluant sur un rythme indolent, "Movin' slow" ne manque pas de charme. Rick inocule un peu chaleur louisianaise dans son chant. Au sax, Jack Sanford souligne l'harmonica, tout en décontraction. Le titre baigne dans le R&B. L’orgue et la guitare se mettent au service de l’harmo qui domine le sujet. "Broke and lonesome" opère un retour judicieux dans le blues de Chicago ou plus exactement le Westside, cher à Otis Rush, Magic Sam et Luther Allison, une compo au cours de laquelle un billet de sortie est accordé à Kid Andersen. J Hansen chante le cinglant "You ain't the boss off me", un morceau destiné à mettre tous les musiciens à l'avant-plan! En fin de parcours, Rick étale toutes les facettes de son talent sur "Old news". Il y reproduit à la fois le jeu et le chant de Sonny Boy Williamson II. Magistral ! Le disque recèle deux plages instrumentales. Tout d’abord le très Memphis R&B jazzyfiant "Zonin'", une piste animée par le sax ténor de Terry Hanck. Ensuite une longue fresque à la fois ‘morriconesque’ et surf, "The legend of Taco Cobbler". C’est également la plage qui clôt ce long playing de toute bonne facture…

 

Rick Estrin

On the harp side

Écrit par

Très largement inspiré par les légendaires bluesmen de Chicago, Sonny Boy Williamson I et II ainsi que Little Walter, Rick Estrin est considéré comme un des plus grands souffleurs californiens contemporains. Il a accompli une longue et brillante carrière aux côtés de Charlie Baty, au sein de Little Charlie and the Nightcats. Depuis le départ de son compagnon gratteur, il a repris les rennes du combo, soutenu par le même backing group. C’est-à-dire le redoutable guitariste Kid Andersen, le bassiste Lorenzo Farrell et le drummer J Hansen. Il est désormais devenu l'authentique leader de Rick Estrin and the Nightcats.

La paternité de ce nouvel opus lui est cependant attribuée. En solitaire. Rick est peut-être confronté à quelques problèmes contractuels pour pouvoir reprendre le patronyme du combo à son compte. Et comme la demande de ses nombreux aficionados, de le voir sortir un nouvel opus, était de plus en plus pressante, il a probablement décidé de ne plus attendre avant d’éditer cet "On the harp side". Une œuvre qu’il avait, en outre, promis de la focaliser davantage sur le Mississippi saxophone.

Rick ouvre l’elpee par un instrumental issu de sa plume : "Headin' out". Déjà un concentré de son talent, largement inspiré ici par Little Walter. Il enchaîne d’ailleurs par une compo signée par ce dernier, "Tell me mama", en s’appuyant sur une rythmique du chemin de fer. Il n’oublie d’adresser l’un ou l’autre clin d’œil à ses maîtres. Tout d’abord sur la cover du "Fattening frogs for snakes" de Sonny Boy Williamson II, et puis sur celle du "Tell me baby" de John Lee Sonny Boy I, en adoptant une démarche manifestement plus country. Il est particulièrement à l'aise dans le répertoire de Rice Miller, Sonny Boy II. Et incarne, sans aucun doute, l'harmoniciste de ce nouveau siècle, dont le style se rapproche le plus du mythique bluesman. Et c’est d'ailleurs sans surprise qu'il s'attaque encore à d'autres compositions de Miller. A l’instar du saisissant "Don't lose your eye". Tel un fantôme, il souffle de manière saccadée devant la seule basse acoustique de Ronnie James Weber. L'émotion est à son paroxysme. Il transpire une sensibilité à l'état pur. Il est seul pour interpréter les six minutes de "Getting' out of town". L’exercice de style est difficile ; et pourtant, Rick nous en met plein les oreilles. Près de 6' de bonheur ! Avant de reprendre quelque peu son souffle ( ?!?!?) sur le léger shuffle  "Keep it to yourself".

Estrin signe également quelques plages instrumentales. "Blues for Doe", tout d’abord. Un blues lent dominé par l'instrument chromatique. A cet instant, son esprit est manifestement tourné vers George ‘Harmonica’ Smith. Rusty Zinn se réserve alors les parties de guitare. "Porn bred", ensuite. L’approche est résolument contemporaine, légèrement funky, un climat entretenu par le piano électrique ‘Wurlitzer’ de Kid Andersen. "The scissorbill" baigne au sein d’une atmosphère swing jazz, atmosphère alimentée par les cordes du Kid. Tout comme le final "Dog on dog", un morceau entraînant et percutant.

Sa lecture du "Gangster blues" d'Eddie Burns, est excellente ? Il chante d’un timbre distinct. Le tempo est enlevé. Il semble ravi de souffler son bonheur. Il est au sommet de sa forme. "Big and fat" lorgne du côté du Chicago Westside. Sa prestation sur l'instrument chromatique est impeccable. Il accorde, pour la première fois, un billet de sortie à son excellent partenaire, le Norvégien Kid Andersen, aux cordes. A contrario "The lotter blues" macère dans le Chicago southside. Les guitares d'Andersen et de Zinn ainsi que le piano de Welsh le talonnent de près. Andersen est passé à la slide, lorsqu’il s'attaque au répertoire de Muddy Waters. En l’occurrence sur "Too young to  know", la flip side de "Long distance call", un single datant de 1951. On ne peut qu’être admiratif en écoutant le classique "Harlem nocturne". Il y a de l’émotion, de la sensibilité et un plaisir de jouer qui évoquent un certain Toots Thielemans. Il nous réserve, une dernière fois, une compo sculptée dans son blues le plus pur, lors d’un duo acoustique partagé en compagnie d’Andersen, sur "Murmur low", une compo écrite par Arthur ‘Big Boy’ Spires. Un album brillant réalisé par un musicien exceptionnel…