Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Rusty Zinn

Live featuring Kim Wilson

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J’ignore la raison pour laquelle cet album n'est pas signé par le Kim Wilson Band ; car on est bien en présence du line up au grand complet. Pour un set accordé ‘live’ au Moe's Alley de Santa Cruz. Le 2 août 1996. Kim, le chanteur/harmoniciste et Rusty, préposé bien entendu à la guitare, sont est soutenus par des musiciens d’exception ; en l’occurrence les anciens baroudeurs du Hollywood Fats Band : le pianiste Fred Kaplan, le bassiste Larry Taylor et le drummer Richard Innes. Zinn est un surdoué de la six cordes. Il est également un des artistes les plus prolifiques du west coast jump. D’ailleurs, sa discographie est impressionnante. Ses dernières œuvres ont cependant pris le large par rapport au blues. Et saluons l’audace de ce musicien qui n’hésite pas à explorer de nouveaux horizons sonores.

Mais je vous invite à faire un saut de douze années dans le passé. Le présentateur du Moe's Alley introduit le band à la Danny Boy. Les cinq musiciens attaquent "Don't bite that hand that feeds you" (NDR : une plage issue de l’elpee "That's life", paru en 1994). Un morceau de Plus de 11' ! Kaplan est en grande forme. Kim chante de son timbre chaleureux très caractéristique. Tous les acteurs sont d’une efficacité irréprochable. Pas une surprise, d’ailleurs. Et en particulier cette section rythmique de luxe! Une longue introduction instrumentale prépare le chant de Kim pour interpréter un saignant "Rock with me tonight", un morceau qui figurait déjà à son répertoire à l’époque des Fabulous Thunderbirds. Zinn démontre ici qu'il a bien intégré toutes les ficelles du west coast jump. L’ensemble de la panoplie des phrasés de Kim est passée en revue. Trois plages préfigurent l'album live "Smokin' joint", sorti en 2001: "I can tell", "I ain't gonna do it" et "High & lonesome". Cet elpee ne souffre d’aucune faiblesse. Kim chante "I'm trying". Ses compères l’épaulent brillamment. Les sorties de Kaplan et de Zinn sont étonnantes et détonantes. Rusty n'est pas un vocaliste remarquable, mais il se débrouille plutôt bien sur "How long". Kim en profite pour se concentrer sur son instrument.

Le deuxième set s'ouvre par "I ain't gonna do it", un boogie woogie au cours duquel Fred Kaplan malmène ses ivoires, Kim monte doucement en puissance. Tous les partenaires rament dans le même sens. Ce qui explique sans doute pourquoi la musique atteint de tels sommets. Le disque recèle également "Tigerman", le morceau maître du premier opus solo, paru en 1993. "Date bait" (extrait de "My blues") et "Why I sing the blues" sont enchaînés sous la forme d’un medley. Tout comme "High & lonesome", dispensé en fin de concert ; un blues lent, bien relaxant, qui accélère progressivement pour se muer en "T-Bone shuffle". Rusty Zinn et Kim Wilson y étalent pour la toute dernière fois leurs prouesses. Cet album de Rusty Zinn & the Roadmasters est un indispensable témoignage du Kim Wilson Band.

Rusty Zinn

Reggaeblue

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Bien que réputé pour son style jump blues, Rusty est un guitariste talentueux issu de la West Coast. Etabli à Oakland, il est remarqué dès son plus jeune âge et accompagne des gloires du blues comme Snooky Pryor ou Jimmy Rogers. En 1990, il bosse pour Mark Hummel et ses Blues Survivors. Plus tard on le retrouve dans le backing band de Kim Wilson ou encore en tournée avec Little Charlie and the Nightcats. Rusty enregistre deux albums personnels sur le label Black Top : "Sittin' & waitin'" en 1996 et "Confessin'" en 1999. Et un pour Alligator en 2000 : "The chill". Il signe enfin "Zinfideily Vol 1" pour le label indépendant Bad Daddy, en 2005, un elpee qui s'éloigne déjà du blues. L'homme compte en effet plus d'une corde à son arc. Il est également chanteur, compositeur, producteur et parvient encore à nous surprendre. Mais il est vrai qu'il n'a encore que 37 ans. Ce nouvel opus propose un cocktail de reggae et de soul, un cocktail auquel il apporte une touche blues. Le reggae est une musique faite pour danser et vibrer. Elle ne laisse pas souvent d'espace à la liberté et à l'improvisation instrumentale ; et c’est justement ce qu’apporte Mr Zinn. Une passion qu'il partage, paraît-il, avec Marc ‘Tee’ Thijs.

Dès "She comes from nothing", nous pénétrons dans le monde du reggae. Toute la sensibilité de cet artiste transpire de cette compo. Sa guitare se libère en toute simplicité ; mais le résultat est impressionnant tellement il demeure dépouillé. "The world is in rewind" s'enfonce encore davantage dans la pureté du reggae. La section rythmique s’y révèle remarquable. En l’occurrence Randy Bermudes à la basse et surtout Adam Goodhue et Santa Davis aux percussions. Une condition indispensable lors de l'exécution de cette musique exotique. Pour chanter, Rusty bénéficie du concours des chœurs féminins d'Angila Witherspoon et Jessica Burnor. Imprimée sur un tempo très lent, "Just take your time" est une superbe ballade soul. Rusty ne jouit pas d’une voix puissante mais il chante très juste et l'exercice est ici irrésistible tant il vit cette chanson. Il y injecte toute sa sensibilité. Ce cocktail de reggae et de soul est remarquable. Une musique qui s'écoute au cœur d’une atmosphère très relaxante, une atmosphère propice aux messages d’espoir, d'amour et de paix. "Everytime I see a rainbow" en est une belle illustration. Une chanson folk envoûtante! La guitare très inventive mais également incisive s’affiche face à la basse de Fully Fullwood et la guitare rythmique de Tony Chin, deux anciens membres de la formation de reggae Soul Syndicate, sur le très significatif "Reggae my blues away". Une seule reprise, mais c’est une surprise : "Can't take my eyes off of you", un classique de la musique disco. Signé Frankie Vally, il est ici revisité à la sauce reggae, et rehaussé par la présence de Bob Welsh aux claviers. Etrange et bien ficelé! « Reggaeblue » n’est pas un disque de blues ; néanmoins il est intéressant de bout en bout. Aussi bien pour "My God", caractérisé par le mariage entre guitares électrique (Rusty) et acoustique (Tony Chin) que "The day after", au cours duquel il échange ses vocaux avec sa copine Angila.

Rusty Zinn

The Chill

Écrit par

Tous les amateurs de blues moderne savent que Rusty Zinn est devenu, depuis quelques années, le guitariste attitré de Kim Wilson. Originaire de Long Beach, ce Californien a fini par atterrir à Oakland, où il vit aujourd'hui. Un type hyper doué, nonobstant son jeune âge. A ses débuts, il a été fort influencé par le regretté Luther Tucker, un guitariste noir qui a longtemps milité au sein du groupe de Little Walter avant d'émigrer vers la West Coast.

Rusty comptait déjà deux albums à son actif, "Sittin and waitin" et "Confessin", tous deux sortis sur Black Top. "The chill" marque son passage sur le célèbre label de Chicago, Alligator, dirigé par Bruce Iglauer.

R&B au riff solide et dansant, "Just like a fish" est une ouverture gagnante ; et la Gibson de Zinn n'attend guère avant de décoller vers des sommets. Autre R&B semblant sortir tout droit des 50s, "Meet me halfway" lui va aussi comme un gant. Une composition qui porte l'empreinte de Leiber et Stoller. La partie de cordes soulève l'enthousiasme. "Fallin' rain" a été écrit par Luther Tucker. Rusty lui rend un hommage poignant en adaptant ce blues lent. Il trace des lignes mélodiques très intenses, avec un feeling déchirant. Zinn a écrit plusieurs plages. Certaines en compagnie de Rick Estrin des Nightcats. "She's got style", un rocker bien nerveux. "The big eye", un merveilleux blues rythmé. Sa guitare est créative et l'économie de notes rappele le meilleur de Peter Green (époque "Mr Wonderful"). Ballade douce et pleureuse, "Ladies choice" est évitable. Imprimé sur un rythme sobre mais assez menaçant, "Dying on the vine" repose une nouvelle fois sur un solo dépouillé, véhiculé dans une atmosphère bien ombragée. A plus d'une reprise, Rusty peut nous faire penser à Magic Sam. Comme sur "I played the game". Une composition écrite par Ronnie Weber (de Little Charlie & the Nightcats). Bob Welsh y joue efficacement de son piano! Côté reprises, Zinn s'attaque de manière paresseuse au "Moonlighht blues" de John Brim, avec l'appui de la slide d'un pilier d'Alligator, Mr Elvin Bishop. L'album se referme sur une version musclée du "Looking back" de Johnny "Guitar" Watson. Et pour ne rien vous cacher, sachez que j'adore la plage titulaire : "The chill". D'ailleurs, tout au long de cette composition, Rusty évoque à nouveau le Peter Green de la fin des 60s. Ou plus exactement de l'époque "Then play on". Parce que la guitare y est vraiment fabuleuse ; et puis ce blues teinté de rock possède un sens mélodique imparable. Excellent !