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Sean Rowe

Dans un monde parfait, cet homme serait une star…

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Responsable d’un dernier album particulièrement réussi –et ce n’est pas une première– le bûcheron new-yorkais se produisait, ce jeudi 26 mars, à l’ABBox. Il y venait défendre son quatrième opus solo, un disque dont les compos se nourrissent autant de rock, de folk, de soul, que d’americana pur jus. 

Vu l’excellence de ses chansons, manifestement des tubes en puissance, l’artiste deviendrait une star, au sein d’un monde parfait. Et son titre, « Desiree », parfait exemple empreint d’une sensualité indicible, trusterait les charts pendant des mois, délogeant même, et sans difficulté, des hits aussi insipides que le surfait « Happy » de Pharrell Williams. Aussi, on a envie de crier à l’injustice, quand on constate que le natif de Troy (NDR : c’est dans l’Etat de New York) n’attire qu’un auditoire aussi famélique. Néanmoins, cette situation permettra au spectateur lambda de profiter le plus confortablement du concert.

Barbu, le troubadour déboule seul sur les planches. Ses cheveux sont retenus par un catogan. Il est armé d’une guitare semi-acoustique et se sert d’une pédale de distorsion. Il nous confie avoir brisé sa seconde gratte lors de son arrivée en Belgique, et explique que pour accorder sa nouvelle, il a décidé de diviser son set en deux parties. Malgré des cernes impressionnants autour des yeux, il déclare être heureux de se produire en Europe. Il est même très à l’aise. Sa voix de stentor est particulièrement profonde. Son répertoire puise au sein des trois derniers opus. Des compos qu’il interprète énergiquement et avec une sincérité réconfortante. Affichant un fameux charisme, il parvient à séduire son auditoire en variant les climats, parvenant même à faire oublier qu’il est venu, ce soir, sans le moindre musico pour l’accompagner. Le deuxième titre de sa setlist, le fameux « Desirree » est ainsi proposé dans une version épurée, bien loin de la luxuriance du morceau enregistré en studio. Le climax du spectacle est atteint lors du bouleversant « My Little Man », une chanson dédiée à son fils et la superbe reprise de « The River », issue de la plume de son mentor Bruce Springsteen. A cet instant, on a l’impression que le Yankee joue en compagnie d’un groupe. La fin du concert est proche. Et vu la performance on a le droit d’en vouloir davantage. Une petite heure d’un tel spectacle, ce n’est quand même pas suffisant. Il nous accordera quand même deux beaux titres, au cours du rappel, dont la cover du « A Girl Like You » d’Edwyn Collins et du « Chelsea Hotel » de Leonard Cohen, dont Rowe partage manifestement, certaines affinités vocales…  

Un show parfait, de bout en bout. Et un nouveau et simple précepte va dès aujourd’hui guider ma vie : ne plus jamais manquer un concert de Sean Rowe !

(Organisation Ancienne Belgique)

Sean Rowe

Magical

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Lorsqu’on écoute, au fil des années, des tas et des tas d’albums, avant de les chroniquer, la lassitude guette toujours. Aussi, il est réconfortant, de constater, qu’en 2011, on peut encore être agréablement surpris et puis même succomber à un son particulier (Forest Swords), une attitude (The Radio Dept.), une énergie (The Go! Team)… ou une voix simple et envoûtante. Et Sean Rowe appartient assurément à la dernière catégorie. Relativement inconnu chez nous, ce bûcheron possède en effet un baryton puissant, ébréché, profond, comme on en entend rarement.

Très peu d’infos circulent sur le parcours de ce compagnon de label de Nick Cave et Tom Waits. Une chose est sûre, « Magic » ne constitue pas le premier elpee de ce songwriter américain. Son attitude théâtrale, son sens mélodique très développé et sa plume d’une grande richesse confèrent à ses compos une intensité et une vulnérabilité désarmantes. Tout au long de cet elpee, il nous parle de l’enfance (« Night »), la famille (« Wet »), l’histoire des Etats-Unis ou la musique. Les morceaux sont dépouillés mais ne nécessitent pas d’habits flamboyants, tant leur force est évidente. Dès les premières notes de « Surprise », on comprend que cet album deviendra un compagnon de route pendant de nombreuses années. Et même lorsqu’il empoigne une gratte électrique pour attaquer des titres plus rock comme « Jonathan » ou « Wrong Side of the Bed », Sean tire parfaitement son épingle du jeu. Véritable cerise sur le gâteau, « American » mérite à lui seul une mention particulière. A cause de cette nuée de cordes et de ces accords délicats au piano. Irrésistible ! Ou « Magic », si vous préférez ! Souvent comparé à Van Morrison, Bruce Springsteen (époque « Nebraska ») voire Leonard Cohen, Sean Rowe constitue, pour votre serviteur, une véritable découverte. Et son talent risque d’exploser aux yeux et aux oreilles du monde entier, d’ici peu.