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Snooky Pryor

And his Mississippi Wrecking Crew

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Le vieux Snooky a reçu le concours d'un sérieux aréopage pour commettre cet album. Une bande d'épaves du Mississippi qui regroupe de fameux clients, d'authentiques vieux limiers du blues : l'indestructible Pinetop Perkins (88 balais, au piano), Willie "Big Eyes" Smith (issu de l'Arkansas) à la batterie, Bob Stroger (du Missouri) à la basse et le redoutable Mel Brown à la guitare (un compagnon d'écurie de Pryor, depuis quelques années). Cet opus a été enregistré pour célébrer le 80ème anniversaire de la légende vivante Mr Pryor. Son souvenir le plus ancien, le plus poussiéreux remonte à 1929. Lorsqu'il a vu Sonny Boy Williamson II jouer au magasin général de Vance, dans le Mississippi. A l'instar de la plupart de ses acolytes, il a émigré plus tard à Chicago, pour y écrire et vivre quelques tranches de blues. Dans les années 40. Sur Maxwell Street. Et plus tard en compagnie de Moody Jones, Homesick James, Johnny Shines et quelques autres.

Après "Rock-a-while", une timide ouverture instrumentale, nos anciens embraient par "School days", un bon vieux blues lent au sein duquel ils puisent dans leurs lointains souvenirs d'écoliers. Dépouillé comme il se doit, ce blues montre Snooky au sommet de son art. De courtes phrases à l'harmo ponctuent son chant usé. Invité de classe, Jeff Healey, le jeune guitariste aveugle canadien, semble bien à l'aise sur ce terrain dégagé à l'extrême. Du Chicago blues de classe ! En hommage au label canadien qui les héberge, le Mississippi Wrecking Crew reste ancré dans ce blues traînard autant que paresseux. Il nous dispense un brûlant "Electro-Fi blues", ne laissant toujours le billet de sortie que pour Mr Healey. Particulièrement cool, Snooky maîtrise parfaitement ce blues authentique à l'humeur sombre. Sa voix de ténor, plaintive, aigrie, peut soudainement se faire chevrotante. Il chante d'abord très calmement, puis hurle ensuite sa douleur sur "Decoration day", un classique composé jadis par John Lee "Sonny Boy" Williamson I. Mel n'y distille que les notes qui vont droit au cœur. Celles qui libèrent un max de feeling introverti. Le rythme s'accélère enfin sur "I ain't seen my baby". Une occasion idéale pour assister à une joute haute en couleur entre les cordes de Brown et celles de Jeff Healey. Derrière le piano, le vieil homme se met à susurrer un blues écrit par un de ses meilleurs collègues côtoyé naguère : Mr Memphis Slim. Perkins interprète "Pinetop's grinder man blues". "Kind lover" hausse de tempo et autorise les sorties, timides chez Pinetop Perkins, plus franches pour Mel et Snooky. Au large chapitre des blues lents, l'elpee recèle encore la reprise d'un autre canon du blues issu de la plume de Sonny Boy I : "Sugar Mama blues". Ce très bon album empreint de classicisme s'éteint sur "After you (There won't be nobody else)", un dernier slow blues mené un peu à la manière de Muddy Waters, au cours duquel Mel Brown peut, en quelques notes, exprimer toute l'excellence de son style…

 

Snooky Pryor & Mel Brown

Double shot!

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Au cours des années 80, Snooky et Mel ont joué ensemble au célèbre club texan, l'Antone's d'Austin. Mel a ensuite participé à la confection de l'album "Can't stop blowin'" de Snooky, sur ce label Electro-Fi. Début de l'an 2000, Mel Brown nous a gratifié d'un superbe album "Neck bones and caviar". Les voici de nouveau ensemble pour ce nouvel opus. Une formule familière à Snooky, puisqu'il joua longtemps avec Johnny Shines et surtout Homesick James.

Les deux musiciens sont tous deux originaires du Mississippi. Snooky a 79 ans, Mel, 61. Ce n'est pas la formule du duo acoustique qui a été retenue mais bien l'ensemble électrique. Faut dire qu'ils ont accompagnés par les Homewreckers. John Lee au piano, Al Richardson à la basse et Jim Boudreau à la batterie.

Tout ce beau monde démarre pied au plancher par "Dirty rat". C'est fou l'énergie que peut encore déployer à près de 80 ans, Mr Pryor. Il possède un style très personnel à l'harmonica ; et si les mêmes phrases reviennent régulièrement, c'est avec un plaisir sans cesse renouvelé que nous le retrouvons. Sa voix, juste ce qu'il faut de ravagé, reste autoritaire. Elle mène "Early in the morning" pendant que John Lee fait frétiller au piano. "Big leg beat" est un très long blues lent, particulièrement inspiré par le Chicago Blues. Snooky et Mel s'y sentent comme des poissons dans l'eau. Mel est également un vocaliste intéressant. Il chante "Rock this house" (de Jimmy Rogers), flanqué de Michaël Fonfara, bien excité derrière ses ivoires. Blues bien rythmé, renforcé par son attaque sur l'harmonica, "Let your hair down woman" est du Snooky Pryor typique. Un de ces petits joyaux dont il nous gratifie à chaque album. Traversé par une implacable intervention de Brown à la guitare, "So fine" poursuit dans le rythme. "That's all right" est un autre titre de Jimmy Rogers. Il est chargé d'émotion et intensité, mais cette adaptation est beaucoup plus lente que la version originale. Pour "Do the boogaloo", le sémillant Snooky nous invite à la danse joyeuse. Mel chante merveilleusement, d'une voix chaude, de soul man, "Easy my mind", un blues au tempo modéré. A pleurer! Un excellent album!