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T-99

Cherry Stone park

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Ce trio amstellodamois talentueux est parvenu à tracer un chemin musical très personnel en mêlant habilement tout un éventail de paramètres, parmi lesquels on retrouve le blues traditionnel, le desert rock, le boogie poussiéreux et la roots music. Ce qui ne l’empêche pas de concéder l’une ou l’autre ballade dépouillée, d’avoir recours aux artifices psychédéliques ou de mettre son expression sonore à la sauce contemporaine. Les trois musiciens se partagent une foultitude d'instruments. Mischa den Haring se réserve le chant, la guitare électrique et acoustique, le piano électrique ainsi que la mandoline. Martin de Ruiter le vocaux, les drums, les percus et le piano. Enfin, Donné la Fontaine, la basse, le banjo et l’ukulélé. A ce jour la formation comptait deux albums à son actif : "Coo-coo" en 2001 et "Strange things happen" en 2004. Partiellement enregistré à Tucson, en Arizona, cet opus qui a les avait véritablement révélés. La pochette de « Cherry Stone park » est de couleur rouge sombre. A l’intérieur du booklet, le trio pose, la mine sévère. Et pour cause, ils sont vêtus comme des croque-morts. Martin porte des fleurs déjà fanées. Cette photo accentue le côté ténébreux de leur univers.

"Yo-yo-yo" baigne au sein d’une atmosphère terrifiante et suffocante : celle des bayous lointains de la Louisiane. Une entrée en matière étrange pour le trio batave. La guitare de Mischa se repaît voracement des échos réverbérés face à la section rythmique plus solide et solidaire que jamais. Le vent souffle. Il provoque des remous à la surface des marais. Pour "8-ball in the side pocket", T-99 reste bien ancré dans le Sud profond des USA, non loin des digues déstructurées du Mississippi. Mais la démarche est minimaliste. Evert Kaatee secoue la cloche pour ponctuer les percussions de Martin. Mischa chante en s’accompagnant rythmiquement d’une sèche. L'environnement demeure lugubre, même en ouverture de "Cold rolled steel". La batterie évolue à l'avant-plan. La voix de Martin rejoint celle de Mischa avant que ne surgissent les cordes amplifiées, gourmandes, menaçantes. Le timbre distant d'Evert est passé au scanner. Martin chante la ballade folk "Hayfever". Donné double sa basse acoustique d'un bienveillant ukulélé. Interlude instrumental, "Regalo para donna" amorce un tango très rigoureux et classique, qui aurait pu servir de toile de fond à un film de Tarantino, avant de changer radicalement de tempo. Beaucoup plus vif, il vire rapidement à une sorte de surf music frivole et éclatante. "Twine" ne déride toujours pas le climat. Presque funéraire il se mue subitement en rouleau compresseur manœuvré par Mischa. Au loin, la voix distante de Martin contemple. "Tonkin" nous embarque dans un de ces vieux trains fantômes du Far West ; un convoi traqué par une horde d'indiens menaçants. A cheval. Au galop. Le combat est inéluctable! Mischa revient au micro susurrer "When the wagon comes", dans un silence glacial. Sans esquisser le moindre sourire, Martin et Donné soufflent dans un mouth trombone. Il sont même soutenus par le tuba de Harm Bredero, un banjo, un ukulélé et la guitare lumineuse de Mr Den Haring. Le rythme se déforme, puis devient syncopé pour aborder "Shake it!", un blues/rock que la plupart des autres artistes se contenteraient de dispenser le plus classiquement du monde. Sans y ajouter la moindre once d’originalité. Cependant, T-99 a le bon goût de tout décomposer, de tout déchiqueter, avant de tout reconstruire. Habilement ! La guitare s’y autorise même une sortie audacieuse, franche et enthousiasmante. "When I'm gone" s’ébroue comme une petite complainte country & western bien inoffensive avant de bénéficier d’un solide coup d'accélérateur, et de redémarrer sur les chapeaux de roues. Le train ralentit. Il arrive en gare. Les percussions envahissent les quais. Un chant incantatoire s’élève. Martin le surplombe pour driver cette complainte contagieuse. "White wedding" consacre ce mariage dans un monde de croque-morts. Un sacrement qui lie la guitare acoustique du producteur Teddy Morgan et les cordes enfin sereines de Mischa, dans un univers sonore au sein duquel riment pureté, beauté et sérénité. Vraiment un opus qui brille par son originalité et sa créativité !

T-99

Strange things happen

Écrit par
Responsable d’un tout bon album en 2001 ("Coo Coo", paru chez Cool Buzz), le trio hollandais nous revient avec un nouvel opus. Une formation toujours drivée par le chanteur/guitariste Mischa Den Haring. Depuis janvier 2003, les drums sont assurés par Martin De Ruiter, un musicien dont la voix intéressante s'inscrit bien dans l'esprit du T-99. Compagnon des bonnes et mauvaises fortunes, Thijs Gorter a tiré sa révérence en juin dernier. Il a été remplacé par Donné La Fontaine (des Harmony Two Tones). Les sessions de ce nouvel opus ont été entamées au cours de l’automne dernier, sous la houlette du Texan Teddy Morgan. Elles se sont terminées au beau milieu de l'hiver à Tucson, en Arizona. Le son est toujours aussi caractéristique, contemporain, assez pourri (NDR : faut-il le dire ?) ; pas tellement éloigné de l’univers d’un Fat Possum.
 
Dès le départ, l'ambiance se fond dans le Delta du Mississippi. Martin chante "Hungry wolf", assis derrière ses percussions Mischa véhicule des énergies lugubres, menaçantes. "I just don't know" baigne bien dans le Sud moite. Les notes de guitare tissent une trame hypnotique. Nonobstant la voix, ce fragment n'est pas sans rappeler le meilleur de Howlin' Wolf. Le son des cordes semble sortir des ténèbres. "Savonara" marque un changement radical de style. Cet instrumental surf met en exergue une remarquable juxtaposition des cordes réverbérées de Mischa et des peaux martelées de Martin. "Red dirt river" opère un retour dans le Sud profond. L’univers est encore plus glauque. Les ombres des cyprès suscitent la terreur dans le reflet des swamps. Blues lancinant, "Lost reason blues" impressionne. Nous sommes au cœur du pays voodoo. Rien ne parait normal au sein de ce décor sonore. Le voyage se poursuit vers l'ouest. Ballade tranquille, "I wish I had a ship" nous emmène sur les routes du Texas. La sérénité semble revenue lors de cette complainte country, caressée par la pedal steel de Neil Harry. La beauté simple émane des cordes de Mischa. Le monde de l'étrange refait à nouveau surface. Martin récite, tel un robot, "George, Mo and André". Nous sommes en plein cœur d'une musique ambiante, qui sied bien à l’esprit de Teddy Morgan. Etonnant ! "Tell that woman" (de Willie Dixon) remet le cap vers le Sud, tout en conservant à l’esprit une référence qui était omniprésente sur "CooCoo". Dave Gonzales des Paladins prête d'ailleurs ici sa voix au sein de ce climat tribal. La diversification appartient au monde de T-99. Soutenu par une mandoline, une lap steel, un ukulélé et l'accordéon de Gary Mackender, Mischa et Martin chantent en duo "Countryside bouns". Presque classique, "Now I've got a woman" s’ébroue sous un format, ma foi, fort classique. Mais cette impression est éphémère, car la plage opère peu à peu un retour vers le Sud profond ; et surtout son culte voodoo. L'écho dans les cordes, la gravité absolue de la voix : tout nous plonge dans un monde bien étrange balayé par le vibraphone de Jimmy Carr. La guitare baryton de Dave Gonzales marque de son empreinte le rockabilly "Dragracin". On rallume le feu avant de lever le camp pour entamer une ronde infernale. Bienvenue chez les cow-boys ! Mischa et Donné décident alors de nous quitter. Mais pas avant de nous accorder encore "Last Fair deal gone down" ; l'un armé d'un banjo, l'autre de son modeste ukulélé. Après avoir écouté un tel album, on est impressionné, mal à l’aise. Très différent du premier elpee qui lorgnait surtout du côté de Chicago, "Strange things happen" demeure figé dans le Sud malsain. Et dans ce contexte, l’excellente production de Teddy Morgan, respectueux de l'esquif batave, y est sans doute pour quelque chose…

T-99

Coo-Coo

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T-99 nous vient des Pays-Bas. Un trio constitué du chanteur guitariste Mischa den Haring, du bassiste Thijs Gorter et du batteur Henk Punter. Tout au long de ce " Coo-coo ", il mêle ses propres compositions avec des références héritées de Chicago. Caractérisé par une section rythmique très en avant, leur son est très personnel, très sale. Et la responsabilité en incombe certainement à la production du leader des Seatsniffers, notre Walter Broes national.

L'album démarre par un "Your fool too long", au riff venu tout droit du Delta du Mississippi. La guitare libère un son métallique. Invité pour assurer les parties de saxophone, Arend Bouwmeester épouse un son très Sniffers. Boyd Small est aux backing vocals. Sur "Let that eagle fly", la section rythmique porte à nouveau la guitare et la lapsteel de Richard Van Bergen. Le son de T-99 se libère de la guitare de Mischa. Ses accords sont plaqués vigoureusement, nerveusement. Une technique qui revient sans cesse tout au long de l'album. Et en particulier sur "One man down" ; ou encore sur la reprise de "I wanna love you" d'Eddie Taylor. Mon titre favori est sans doute "Evil eye". Le rythme imprimé est proche des Caraïbes. Dépouillée, la section rythmique laisse tout le loisir à la guitare de créer un décor très coloré. La tonalité bien dégagée, lumineuse, rappelle même le meilleur d'Otis Rush. Une réussite incontestable ! Et cette guitare sait se faire inventive, empruntant même des phrases à Albert King, sur "Double eyed whammy". La reprise du "What have I done" de Jimmie Rogers est un condensé parfait de leur son. Sans doute le titre " carte de visite " de T-99. "Do the do" de Willie Dixon sonne le retour dans le Delta. Van Bergen est à la mandoline. L'inspiration Chicago reste chez " Round and round " de JB Lenoir. L'esprit trace un axe nord sud, entre inspiration primitive du Delta et sonorité urbaine tr ès électrique. Les cordes torturées de Mischa ont le mal de vivre et emportent tout sur leur passage. Ce " Coo-coo " est assurément un bon départ, pour une formation capable de se faire proche des Paladins. A l'instar de "So many times", ou encore du "Evil eye" déjà cité. Ecoutez cet opus de T-99, vous ne serez pas déçus!