Petite présentation d'abord : Terry Hall est un chanteur qui a connu la gloire avec les Specials, au début des années 80. Il s'est ensuite embrassé divers projets solos et collaborations (dont la plus connue est celle menée en compagnie de Tricky sur le disque " Nearly God "). Mushtaq est un ancien membre du très politique Fun-Da-Mental. Pour ceux qui s'en souviennent encore, ces précurseurs de la vague asian injectaient des sons indiens ou pakistanais dans de l'électro survitaminée. Les deux compères ont rassemblé sur cette galette une vingtaine de musiciens venus des horizons les plus divers : Israël, Roumanie, Turquie, Tunisie et la Grande Bretagne (dont l'invité de marque Damon Albarn sur " Ten Eleven "). Des gens de cultures et religions différentes unis pour lancer un message d'amour et de paix. Un message destiné aux hommes de bonne volonté qui peuplent notre monde post 11 septembre. Concrètement, le disque constitue un collage musical souvent teinté d'électronique où les prestations musicales sont triturées, manipulées et mélangées les unes aux autres pour aboutir à un tout indéfinissable. D'ailleurs bien malin sera celui qui pourra dire avec certitude à quel style de musique appartient tel ou tel morceau. En somme, le concept de musique du monde poussé dans ses retranchements. A l'arrivée, même si le disque recèle de bons moments (le rap de " Ten Eleven ", la belle envolée instrumentale de la plage titre), l'ensemble n'est pas toujours convaincant. Et en particulier lorsque l'électronique est trop présente et qu'elle enlève tout naturel aux prestations des musiciens d'exception impliqués dans ce projet. Un projet qui reste malgré tout intéressant et mérite une écoute de la part des oreilles curieuses.