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The Black Heart Procession

The Spell

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Plus de deux ans après leur étonnante aventure tropicale (« Amore del Tropico »), The Black Heart Procession reviennent avec « The spell », un album sombre et douloureux à souhait. La voix de Pall Jenkins, plus claire tout en restant profonde, est accompagnée du piano omniprésent de Thobias Nathaniel. A ce binôme initial viennent se greffer violons, guitares, basse et autres effets sonores. Moins folk qu’auparavant, moins bruts aussi, les morceaux semblent plus aboutis et gagnent en puissance. On regrettera néanmoins une légère perte de charme. Leur magie noire débute par « Tangled », un titre qui nous replonge dans l’ambiance délaissée après « Three». Vient ensuite « The spell », à n’en pas douter le 'hit' de l’album. Les chansons suivantes sont taillées dans un moule assez classique. La preuve: « The letter », qui s’inscrit dans la tradition des grands slows tels que le fameux « Night in white satin » des Moody Blues. Vers le milieu de l’album, les choses se corsent. Même fiévreux, « Return to burn » glace le sang ('I’ll find another world to burn my soul again, I am frozen'). Le troublant « The waiter #5» vient poursuivre l’énigmatique série que The Black Heart Procession entretient au fil des albums. Enfin, ils prennent plus de risques sur « GPS », « Places » et « The fix » avant de conclure, tout en émotion, sur « To bring you back ». « The spell », c’est le retour gagnant d’un groupe capable de créer une atmosphère des plus propices aux idées noires...

The Black Heart Procession + Solbakken

In the fishtank 11

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La formule d’ “In the fishtank” en est donc à sa 11ème édition. La formule n’a pas changé, puisque le label Konkurrent est toujours amené à convaincre deux, voire trois formations (NDR : le plus souvent lorsqu’elles ont des affinités ou ont tourné ensemble), de se laisser enfermer dans les studios d’E à Weesp, aux Pays-Bas. Pendant deux jours, elles ont la liberté d’expérimenter tout ce qu’elles veulent. Musicalement, bien sûr ! Et le résultat est reproduit sur un Ep. Ce disque concrétise la rencontre entre The Black Heart Procession et Solbakken. Et il faut reconnaître que la formation californienne (NDR : de San Diego, pour être plus précis) a largement imposé ses vues au band batave. A cause du piano omniprésent de Thobias Nathaniel, tout d’abord. Et puis de la voix fascinante, lavée dans la réverb, de Paulo Zappoli (alias Pall Jenkins). Curieusement, le sommet du projet est atteint sur un titre au cours duquel le vocal de Paulo perd de sa superbe. En l’occurrence sur « Things go on with mistakes ». Un fragment énigmatique, intense, de plus de 10 minutes, tramé sur le jeu des deux drums. Un morceau dont la structure en crescendo me rappelle Hunters & Collectors. Et si le reste de l’opus ne manque pas d’allure, il faut reconnaître que le rôle de Solbakken a été réduit à la portion congrue. Depuis le voluptueux et ‘gainsbourgeois’ « Voiture en rouge », que parcourt la voix féminine de la Suissesse Rachael Rose (NDR : une invitée) au slowcore « Your cave » (Low ?), en passant par le dramatique « Dog song » (Palace Brothers ?), l’hypnotique, ténébreux et nonchalant « Nervous Persian » (Nick Cave ?), légèrement balayé de feeling ethnique, et l’expérimental « A taste of you and me », une plage au cours de laquelle les ivoires allègres et hypnotiques épousent un profil proche de Belle & Sebastian. Et pour que l’information soit complète, sachez que le disque a été redigitalisé par le maître de cérémonie Zlaya.