La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (1 Items)

The Hoodoo Gang

Hoodoo Deluxe

Écrit par

The Hoodoo Gang est une formation belge, louvaniste très exactement, née en 2002. A ce jour elle est responsable d'une démo ("Hoodoo you do?") commise en 2003 et de deux albums ("Busted sessions" en 2004 et "Go ahead 'n' scratch" en 2005). A la base, elle comptait quatre musiciens : le chanteur El Grande, le guitariste Fernando Neris (NDR : un Espagnol qui s’est établi dans la cité brassicole), le bassiste Geert Zonderman et le drummer Zen Fannoy. Depuis, le line up s’est enrichi de l’excellent saxophoniste Walter Vos, un Anversois qui avait sévi chez Swing Bee et Bad Blues. Ce nouvel opus est paru chez le label anglais Front Porch Records. Une signature sans doute favorisée par les états de service du combo ; et en particulier par leurs enregistrements antérieurs. Une chose est sûre, la firme de disques a décidé de miser sur ce band, en gravant un opus réunissant des titres issus des deux elpees précédents ; mais remodelés, pour la circonstance, par le concours de quelques invités.

"What about me?" ouvre la plaque. Le rythme est vif et soutenu. Le chant est partagé entre El Grande et Marlène Dorcena, une Haïtienne à la voix veloutée, sensuelle et troublante. Dès qu’il en a l’occasion, Walter Vos s'évade, en concédant un puissant solo de saxophone, ne cédant le relais qu’aux cordes de Fernando Neris. Ilias Scotch (NDR : un membre de Milk Cream & Alcohol) s'assied derrière les claviers de l'orgue Hammond et balise "Do you need me?" sur un mode légèrement funky. Le tempo syncopé fleure bon l’exotisme des Caraïbes. Soutenu par la trame rythmique élaborée par Geert Zonderman et de Zen Faunoy, l'ensemble s'emboîte parfaitement. C’est le moment choisi par les solistes pour s'éclater. Et lors de cet exercice de style, Ilias, Walter et Fernando sont parfaitement au point! Le Hoodoo Gang a eu le nez creux en conviant quelques amis à participer à la nouvelle mouture de leurs morceaux. Non seulement, ces collaborateurs étoffent la solution sonore, mais ils apportent de l'épaisseur au son, sans pour autant dénaturer le climat général de l’ensemble. On a ainsi droit au concours de Henk Van der Sypt, le leader de Last Call, au chant pour "Busted". Il y ajoute, en outre, quelques lignes d'harmonica ; ce qui a le don d'émoustiller Mr Vos dont le saxophone ne tient plus en place. Le tempo s'accélère, mais il est gorgé de swing. El Grande chante "Go ahead 'n' Scratch!". Au cœur de cette structure particulièrement jazzyfiante, les solistes improvisent sur fond d'orgue Hammond. Dans ce contexte, Walter Vos et Fernando Neris se révèlent brillants. "Her & you" ouvre une parenthèse roots. Un blues qui puise ses influences aux sources mêmes du style ; et très exactement dans le Delta du Mississippi. Néris a sorti son bottleneck. Van der sypt se réapproprie le chant d'un timbre décidément grave, tout en soufflant dans un harmonica acoustique parfaitement adapté à cette atmosphère. Et le meilleur est encore à venir ! Tout d’abord lors de l’explosif "Slow down". Mr Vos est vraiment à l’aise tout au long de cet elpee. Mais sur cette compo, il se révèle déterminant. Et notamment lorsqu’il se met à disserter avec Walter Otte des Boogie Workers, un autre invité réputé pour son style nerveux et créatif. "Goin' to NY" propage un swing brûlant. La section rythmique soutient parfaitement l'ensemble et sert de rampe de lancement à un solo de très bonne facture concédé à la six cordes par Joachim Meese (NDR : un autre invité qui milite habituellement chez le Solid Jive). Et cette intervention est à nouveau très complémentaire avec le saxophone de Vos capable de produire les meilleurs effets, au sein d’une musique à haute densité. Un dernier invité guitariste entre en scène Tim Verbist (NDR : il drive le Tim's Blues Combo). Armé de sa slide, il irradie une autre plage bien rythmée : "Sweet little QT pie". Et derechef, la même combinaison magique entre les deux instrumentistes se reproduit. Le quintet de base se réserve le reste de la plaque. Tout d’abord "Funky yourself", un R&B speedé qui ne manque pas d’intérêt. Ensuite le funk détonant "How do you do", un fragment qui tire parti au maximum de tous les solides atouts du combo. Swing et jazz se conjuguent en toute délicatesse pour épauler El Grande tout au long d’"Ain't nothing wrong". Le R&B et le funk se bousculent pour assurer la mise en valeur de "Dirty girl". Evoluant sur un mid tempo, "Ain't gonna be your fool" émarge au blues jazz. Et en final, Hoodoogang se fend d’un divertissement chanté dans la langue de Vondel : "Alles goed?". Franchement, après avoir commis un tel album, cette formation belge peut attaquer le marché international. Elle risque même de supplanter bon nombre de formations étrangères du style…