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The Magic Blues Band

Volume 2

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Sous-titré, "Featuring Johnny Dyer and Big Joe Turner", cet elpee est dédié à la mémoire de Pee Wee Crayton. En fait, il devait participer à ces sessions ; mais il est décédé suite à une crise cardiaque, peu de temps auparavant. L'ambiance est ici assez différente de celle du premier volume. On n’a plus cette impression de partager un moment privilégié au sein d’un cabaret de nuit. Le tracklisting recèle moins de grands classiques du blues, également. Mais même si la qualité du son est loin d’être parfaite, l’ensemble tient parfaitement la route.

Retour donc en 1985. A Topanga Canyon, quelque part entre San Fernando Valley et l'Océan Pacifique. Pas tellement loin de la mégalopole de Los Angeles. Les membres de Canned Heat s’y réunissaient souvent. D’ailleurs, c’est dans les parages qu’Alan ‘Blind Owl’ Wilson avait mis fin à ses jours, en septembre 1970. Dans ce patelin, se déroule un petit festival local organisé pour célébrer le troisième anniversaire d’existence de la Southern California Blues Society. Une radio locale avait suivi l’événement. Et l’avait immortalisé sur quelques bandes. Ce sont ces reliques poussiéreuses qui nous permettent de revivre cet épisode.

Le Magic Blues Band ouvre les hostilités par un "No more lovesick blues" très saignant. Chuck Jackson chante autoritairement avant de se concentrer sur ses cordes qui rivalisent avec les interventions à l'harmonica de Rod Welk. Chuck prend alors la parole. Il rend un vibrant hommage au grand Pee Wee Crayton, alors disparu depuis quelques semaines ; c’est-à-dire en juin 1985. Un moment d’émotion ! Le band se lance alors dans un "Blues for Texas" de toute beauté. Comme on l’aime et empreint d’une grande simplicité. D’ailleurs, le blues proposé sur cet elpee est d’excellente facture. Welk est épatant aux cordes tout au long de "Why wait". Il réussit tous les exercices de style enseignés par Little Walter. "Black & blue" s’ébroue sur un riff menaçant ; mais la guitare bien électrique s'envole une nouvelle fois. Une silhouette noire se faufile sur le devant de scène. Chuck nous le présente : il s’agit de Johnny Dyer, un chanteur/harmoniciste originaire du Mississippi. De Rollin' Fork pour être plus précis, tout comme le grand Muddy Waters. Dyer connaissait personnellement Muddy. Son style l’avait d’ailleurs marqué d’une trace indélébile. Johnny puise ici dans le répertoire du Chicago Southside. Ses coups d'harmo sont lacérés au rasoir. Il adapte "Everything's gonna be alright", le slow blues légendaire de Waters, "Nineteen years old" et l'inévitable "Mojo workin'". Un spot radio de l'époque nous restitue la présentation de Big Joe Turner. Il était arrivé de Kansas City en compagnie de ses musiciens ; et en particulier sa section de cuivres et son organiste. Big Joe est une des voix extraordinaires du blues. Son timbre est surpuissant ; mais une émotion nous étreint lorsqu’il nous accorde une interprétation extraordinaire du blues lent "Down home blues". L’orgue Hammond ronronne. Le saxophone ténor prend son billet de sortie et la guitare est intenable. Quelle claque! "Honey hush medley" est imprimé sur un tempo allègre. Le blues shouter se fait plaisir au sein d’un climat sonore parfaitement homogène. Big Joe nous parle alors d'une tranche d'histoire relative à la musique de Kansas City. Son timbre est très grave. Ce géant mesurait près d’1m90 et pesait 110 kg. Il allait disparaître la même année. En 1985. A Los Angeles. A l’âge de 74 ans. Les cinq derniers morceaux sont de moindre bonne qualité acoustique. Les sources d’enregistrement sont sans doute différentes. On suppose qu’il s’agit bien du Magic Blues Band. La férocité des vocaux dispensés tout au long de "My baby she left me" rappellent Johnny Winter. Il s’agit plus que probablement de Rod Welk qui s’en charge. Le souffle de son harmonica est, en outre, fort percutant et agressif. Et il continue à étonner sur "I don't play". Jackson chante "Tore down" d’une voix puissante. Le "Take out some insurance" de Jimmy Reed a été rebaptisé, pour la circonstance, "Assurance Alt". Talonné par les cordes de son partenaire Chuck, Welk est aussi à l'aise dans la peau de Reed que celle de Little Walter. "Have a good time" achève cet opus. Un titre qui en dit plus long que n’importe quel commentaire. Une bonne tranche de blues!

 

The Magic Blues Band

Volume I

Écrit par

Le tout premier elpee du Magic Blues Band vient donc d’être réédité sous la forme du compact disc. Sous-titré "Live in 1985 – Featuring Special Guest star Mr ‘Pachuko Hop’ Chuck Higgins", il a été immortalisé au Guildner Brothers Body Shop de Northridge, en Californie. Un disque qui a donc été enregistré ‘live’. Sur les planches, on retrouve John Williamson et Rocky Jackson aux guitares, Rod Welk à l’harmonica, Jesse Serrano à la basse, Michael Herman aux drums et bien entendu Chuck Higgins au saxophone ainsi qu’au chant.

Charles Williams ‘Chuck’ Higgins est né en 1924. A Gary, dans l’Indiana. Chanteur de R&B, il a décroché un hit en 1952 : "Pachuko Hop". Remarquable saxophoniste, il était, alors, soutenu par le guitariste notoire Johnny Guitar Watson. Atteint du cancer, il est décédé en septembre 1999.

Le Magic Blues Band est donc réuni lors d’une nuit torride de 1985. Et cet opus va nous restituer, en 19 plages (NDR : dont de nombreux classiques), plus d'une heure de blues et de R&B de toute bonne facture. Higgins chante et joue du saxophone sur quatre titres. Dont "Love for you" qui ouvre les hostilités, l’excellente reprise du standard "Shotgun", "Stormy Monday blues" et une superbe version du "Got me runnin'" de Jimmy Reed. Tout en laissant éclater son ‘honky’, il permet à ses musiciens de sortir de leur réserve ; et en particulier Jackson aux cordes ainsi que Rod Welk à l'harmonica. Une intervention sublime, par ailleurs. Rocky Jackson se réserve l’essentiel des parties vocales, lors de ce set. Il jouit d’une voix solide. Un organe qui illumine des compos comme "Tore down", "Aw' baby", "Dust my blues", "Rock me baby", "Help me" ou encore "My babe". Rod ‘The rocket’ Welk chante cependant "Up the line" et "Tore down", alors que le brave Williamson se focalise davantage sut des titres plus rock'n'roll. A l’instar de "Buick 59" (NDR : il faut souligner qu’il est fasciné par les grosses voitures américaines construites au cours des fifties ; des modèles reproduits sur toutes les pochettes de ses albums), "Cold chills" et "Shake rattle & roll". Cette dernière plage libère une fameuse dose de vibrations. Les musiciens chantent en chœur. Welk est au sommet de son art. Faut dire que tout au long du show, cet élève de Little Walter se révèle brillantissime ! Le concert s’achève par "Intro inst", un curieux instrumental au cours duquel les différents acteurs ont le loisir de se présenter au public, avant que Rod Welk leur accorde un dernier solo aussi enchanteur qu’excitant.