La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Thisquietarmy

The Body and the Earth

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Laissez tomber ce que vous faites. Octroyez-vous quarante minutes, le temps de partir en voyage strictement instrumental en compagnie de Thisquietarmy. Sur vos papiers de vol figure « The Body and the Earth », la mystérieuse thématique accompagnant ce trajet. Aux manettes, Eric Quach, un Canadien qui compte pas moins de 50 albums au compteur. L’homme, qui a l’habitude de naviguer seul, s’est ici adjoint l’aide de Charly Buss (à la basse et à la trompette) et de Marc-Olivier Germain (aux synthés et à la batterie). L’itinéraire a prévu quatre escales, le tout sous les auspices d’airs psychés, de drone, d’électro, de post-rock et peut-être encore d’autres appellations mais qu’il serait vain ici d’énoncer. En effet, cet opus est signé chez Consouling Sounds, un label qui se refuse de voir ses artistes étriqués dans un style musical bien particulier. Il suffit peut-être de se mettre en condition afin de vous lancer dans une exploration contemplative.

Démarrage en douceur par « Cometh » sous un ronronnement de drone, de grincements électro et de quelques notes de trompettes perdues au loin, conférant à la composition un air vaguement oriental. Une lourde basse s’invite sur la pointe des pieds avant d’être rejointe par une batterie palpitante et des distos de guitare. Passage de l’intime obscurité vers l’éclatante lumière, totalement à nu, survolant le paysage. Retranchée, la trompette marque davantage de sa présence « Sixth Mass », poursuivant le sillon laissé par huit notes hypnotiques perdues dans un flou lointain, telle l’annonce dans l’aube glaciale d’une bataille sanglante la nuit précédente. L’âme se noie dans la mélancolie, avant de se remettre sur pied et affronter « Seismic Waves ». Face à de rapides notes de basse saturant l’air, la trompette joue une fois de plus son rôle de phare dans l’océan, où la première partie contemplative de la composition fait ensuite place à une réelle lutte acharnée ; un malstrom psyché d’émotions niché entre le spleen et l’utopie. L’exploration tend doucement vers sa destination finale : « Algal Bloom » (NDR : efflorescence algale en français, à savoir ce phénomène qui voit en un lieu particulier apparaître une rapide concentration d’algues). Un morceau particulièrement long (NDR : un peu plus de dix minutes quand même !) et peut-être le plus atmosphérique de cet LP. Tel un engin propulsé, il traverse graduellement les différentes couches de l’atmosphère pour en définitive atteindre l’infini de l’exosphère. Et imploser !

 

Thisquietarmy

Hex Mountains

Écrit par

Projet monocéphale baigné d’ambiances orageuses et sourdant des échos d’un céleste onirisme, le projet d’Eric Quash, alias Thisquietarmy (en attaché s’il vous plaît) manie l’Art pompier du bruit avec autant de zèle que je m’applique à tremper ma plume dans l’encre noire de ses compositions infestées figurant sur « Hex Mountains ».

Actif depuis deux mille cinq, le Canadien tisse depuis, les motifs sombres d’une ode à la noirceur, à l’étrange et aux brumeuses incantations d’entités gisant dans les tréfonds de son esprit.

Si une vingtaine de projets jonchent sa riche discographie, attardons-nous sur ce dernier essai.

Un projet axé sur une spirale tournoyante qui emmène l’auditeur dans un gouffre angoissant et laisse planer une ombre menaçante d’un bout à l’autre des quatre titres ici présents, dont il est bien difficile de se dépêtrer après écoute.

C’est donc à une expérience inquiétante, comme un voyage introspectif auquel il faut s’attendre avant d’entamer ce périple en terre inconnue.

A l’instar de certaines substances chimiques, « Hex Mountains » pourrait donc donner lieu à quelques mauvais trips si vous n’êtes pas en condition optimale pour ce grand plongeon.

Car le voyage est glacial, et les silhouettes qui planent au dessus de ces montagnes renvoient à des fantômes abandonnés depuis la nuit des temps.

Nuit hantée, possédée et qui renvoie les échos de cauchemars ancestraux.

Brrr… Ce qui ne donne pas franchement envie de s’immiscer dans cet univers glauque.

Sauf que…

Sauf qu’évidemment, ce type de mise en abîme fait appel à la curiosité malsaine de chacun et nourrit l’amour morbide pour ces vieux contes qui nous faisaient trembler lorsque nous étions encore des enfants.

Les craquements, les bruits épars, les sonorités elles-mêmes renvoient aux souvenirs laissés dans nos imaginaires et la somme de toutes ces ambiances ne seraient somme toute que peu intrigante si elle ne se nourrissait du suc de nos mémoires.

Sorte de train fantôme en paysage désolé, ce disque génère des plaisirs solitaires, là où on s’abandonne aux monstrueux, au gisant tapis dans le noir, et autres mouvements imperceptibles qui secouent la lourde tenture de nos rêveries.

Entouré pour l’occasion de collaborateurs physiques, Eric Quosh signe son album le plus noir, le plus sombre, mais surtout le plus abouti.

Si on pardonne un certain maniérisme dans les envolées de « Spirit In Oblivion » et une qualité de son étouffée, on prendra donc son pied lors de cette randonnée accomplie en compagnie de vieux esprits.

Conseil : munissez vous quand même d’une petite laine.

Il fait plutôt froid dans ces vallées sépulcrales. 

De passage au Magasin 4 le 12 novembre et à l’An Vert de Liège le 15 du même mois.