La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Viet Cong

Viet Cong

Écrit par

Viet Cong est une formation canadienne née sur les cendres de Women. Un terme cruel mais adéquat, car ce point final est la conséquence de la mort du guitariste Christopher Reimer, en 2012. Le chanteur/bassiste Matt Flegel et le batteur Mike Wallace ont donc décidé d’entamer une nouvelle aventure, en compagnie de deux autres musiciens. Et le patronyme devrait encore changer dans le futur, car le quatuor a finalement admis qu’il réveillait le souvenir d’atrocités commises entre 1955 et 1975, lors de la guerre d’Indochine. Au sein des familles des victimes ; mais pas seulement…

Bref, revenons au premier opus de Viet Cong. Il est éponyme et se distingue par sa créativité. Découpé en 7 pistes, il mérite une analyse profonde. Il s’ouvre par « Newspaper spoons ». Tramée sur des percus indus (NDR : un timpani !), déchirée par des cris perçants de gratte et hantée de vocaux sinusoïdaux, cette piste baigne au sein d’un climat floydien ; mais dans l’esprit de « More » voire d’« Ummagumma ». Des guitares ‘mybloodyvalentinesques’ balaient « Pointless experience », une plage plus proche de Bauhaus qu’elle ne le paraît... « March of progress » constitue la pièce centrale de l’LP. Un morceau de 6’ dont la première partie est partagée entre percus, bruitages et claviers vintage, avant que les harmonies vocales ne viennent imposer la mélodie, alors que les synthés tournent en boucle. Le fruit d’une rencontre improbable entre Animal Collective et Liars. Des cordes de guitare abrasives et acérées cadencent mécaniquement « Bunker Buster » (Wire circa « Pink flag » ?) Le sombre, presque glacial, « Continental shelf » nous replonge carrément dans les eighties. La voix de Matt emprunte alors tour à tour les inflexions de Gary Newman, Ian McCulloch ou Brett Anderson, alors que tintinambulantes, les sonorités de cordes lorgnent vers les Chameleons. Cotonneuse, la basse nous invite à vivre une excursion ‘joydivisionesque’ tout au long de l’enlevé « Silhouettes », un périple susceptible de nous conduire à Wolf Parade. Enfin, hommage à Christopher Reimer, « Death » clôt cet LP. D’une durée de 11’, il s’ouvre par une sorte d’hymne funèbre programmé en boucle (NDR : guitare et basse, mais suivant un phrasé distinct), un hymne enrichi de superbes vocaux, avant, au bout de 4’, d’entrer dans une forme de jam expérimentale turbulente, frénétique (Sonic Youth ?), et de s’achever sur un tempo alerte, dans un registre que n’aurait pas renié Echo & The Bunnymen, à ses débuts. D’ailleurs des références, vous risquez encore d’en dénicher au fil des écoutes… Superbe !

 

Viet Cong

Entre voir et entrevoir, il y un a préfixe de différence…

Écrit par

Né sur les cendres du groupe Women (NDR : au sein duquel militait le drummer Mike Wallace et le bassiste/chanteur, Matt Flegel), Viet Cong est certainement l’une des sensations de ce début d’année. Il faut dire que, peu importe l’étiquette qu’on leur colle (post-punk, garage/rock, toutes les combinaisons sont possibles), la musique de ces Canadiens est jubilatoire. La preuve en est que, ce soir, le Witloof Bar est archi-comble. D’ailleurs, difficile de comprendre pourquoi le spectacle n’a pas été transféré dans une plus grande salle du Botanique. D’abord, parce que sold out, il a provoqué une déception légitime auprès des mélomanes qui n’ont pu se procurer un sésame. Et puis, parce quand c’est blindé, les ¾ de l’auditoire ne voient pratiquement rien du concert. Heureusement, la formation bénéficiera d’une séance de rattrapage, puisqu’elle se produira le 23 mai à l’Ancienne Belgique. Mais place au quatuor issu de Calgary venu défendre son premier opus éponyme.

Pour assurer leur première partie, Viet Cong a emmené dans ses bagages des compatriotes : Absolutely Free. Originaire de Toronto, ce groupe est en fait un avatar de la formation de math-rock, DD/MM/YYYY. Elle a ainsi l’opportunité de présenter son troisième elpee. Et il est également éponyme. Le trio monte sur les planches vers 20h. A ce moment, la salle n'est pas encore remplie. Il est donc possible de se faufiler entre les spectateurs et de profiter pleinement du spectacle (visuellement et auditivement). Après une longue introduction tout en apesanteur, la musique entre dans le vif du sujet. A la fois expérimentale, puissante et mélodieuse, elle fait mouche. Les compos sont particulièrement bien ficelées. Situé à un bon mètre de votre serviteur, le drummer impressionne. Le chanteur/claviériste/guitariste se montre particulièrement à l'aise, et change d’instrument avec une facilité déconcertante. Bref, je dois avouer avoir fait une excellente découverte. A l’issue de leur set, je me suis empressé d’aller acheter leur vinyle. Des premières parties d'une telle qualité sont plutôt rares!

Vers 21h, la salle est comble. Il est temps de jouer des coudes afin de choisir l’endroit idéal, pour voir ou entrevoir ce qui se passe sur l’estrade. Malheureusement, la foule est trop compacte aux premiers rangs, et ma vision se limitera à contempler Scott Munro (ex-gratteur de tournée pour Chad Vangaalen) jouer de la douze cordes. Si le Witloff Bar est parfaitement adapté à un groupe comme Viet Cong, il faut reconnaître que la salle l’est beaucoup moins en ce qui concerne les spectateurs qui ne sont pas parvenus à se planter aux premiers rangs. Soit…

Quoi qu’il en soit, les Canadiens semblent contents d’être là. Ce concert est le dernier de leur tournée européenne. Leur bonne humeur est communicative et tout au long de leur prestation, ils n’hésiteront pas à tailler une bavette avec le public. Dès le début du set, Viet Cong libère tout son potentiel. Les guitares sont incisives et parfaitement balisées par la section rythmique, basse/batterie. Puissante, néanmoins Une expression sonore sur laquelle Matt Flegel vient poser sa voix. Un peu ébréchée. Faut dire que le Canadien ne l’a pas ménagée tout au long de la tournée. Pendant une heure, les morceaux de leur premier album éponyme ainsi que de leur Ep « Cassette » vont défiler. Et lorsque le combo vide les lieux, l’auditoire est assez étonné que 60 minutes se soient déjà écoulées.   

En un soir et deux concerts, les deux formations viennent de replacer (si c'était encore nécessaire) le Canada sur la sphère mondiale de l’indie-rock.

(Organisation Botanique)