On nous martèle à l’envi qu’à cause de l’avènement d’internet et du téléchargement illégal, les groupes n’arrivent plus à vendre leurs disques. Le duo français The Inspector Cluzo a pourtant réussi à écouler plus de 20 000 copies de son premier album éponyme ; et ce, sans le soutien d’une major. Ces Français auraient-ils un secret ?
En fait, ils en ont trois. Premièrement, leur disque est bon (NDR : si, je vous l’assure, ça aide pour vendre !) Secundo, ces Landais n’hésitent pas à accomplir des milliers de kilomètres hors des frontières de l’Hexagone, pour défendre leur musique. Troisièmement, ils bénéficient du soutien d’un ami célèbre : Angelo Moore, l’un des membres fondateurs de Fishbones. Certes, l’amitié ne suffit pas pour écouler des disques ; mais le soutien d’une telle icône leur assure sans conteste une certaine aura. Et si Monsieur Moore est un pote (NDR : il offre d’ailleurs au groupe un ‘spoken words’ pas piqué des vers, en fin d’album), il constitue surtout une source d’inspiration. Comme les Red Hot Chili Peppers d’ailleurs. Car, vous l’aurez sans doute compris, le créneau musical de l’Inspecteur, c’est le funk’n’roll. Et, si les RHCP sont devenus ramollos et bougons à force d’engranger du pognon, les 20 000 albums vendus par nos amis n’ont pas encore eu raison de leur hargne ni de leur sens du fun.
Nous pouvons déjà vous l’affirmer, « The French Bastards », cette deuxième galette signée par The Inspector Cluzo, fera bientôt bouger vos petits popotins de rockers. Les rythmes chaloupés du funk rock, boostés par une dose massive de hard rock risquent fort d’alimenter l’ambiance de vos soirées d’été. Il n’y a rien à jeter sur cette galette : depuis la fusion/funk rock groovy (« Tic Theme », « The French Bastards #1 », « Zombie DJ Killers ») au hard blues ‘aérosmithien’ d’« Empathy Blues » en passant par l’hommage à peine déguisé à AC/DC (« Terminator is Black in his Back ») ou encore le clin d’œil corrosif adressé au roi du pop (« F*** Michael Jackson ») que l’on croirait tiré d’un vieux vinyle de la ‘Motown’. Bref, tout ici fleure bon le fun et l’authenticité.
Signalons pour terminer, qu’afin de rendre son œuvre plus attrayante aux yeux de ceux qui achètent encore des Cds, ces ‘Salopards de Français’ (French Bastards) ont mis le paquet question packaging. La galette digitale est emballée dans un box sympathique et très original ; et les lyrics des chansons sont imprimés sur une douzaine de cartons illustrés, en noir et blanc, par l’artiste taïwanais Chaos. Du grand art !

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