Derrière son look de baba cool et ses petites boucles qu’un porte-parole de Babyliss ne pourrait qu’approuver, Darwin Deez est loin d’être le néo-hippie dont il a l’air. Musicalement, du moins. Car Mister Deez n’est pas homme à puiser dans le passé, un héritage déjà surexploité. Darwin Deez est dans l’air du temps. Pas novateur pour un sou mais d’une fraîcheur et d’une vivacité sans faille. Une plaque immédiate, qui vous colle la banane pour la semaine. « Constellations », le single introductif de l’œuvre furète du côté des Strokes mais également Beck, circa « Mutations ». Deux influences qui poursuivent le New-yorkais tout au long d’un premier labeur parsemé de handclaps irrésistibles et de riffs de guitares aussi élémentaires et nerveux qu’efficaces.
Deez est le mec qui a bien compris comment ça marche. Tu t’amènes avec tes petites crolles, tu balances une dizaine de morceaux entêtants engendrés sur ton vieux PC. Tu les accompagnes de quelques pas de danse bien sentis (voir la vidéo de sa « Spring Dance » pour le moins originale, dispo sur Youtube), et le tour est joué. Pas besoin d’en faire des tonnes. C’est ça la théorie de la contre-évolution. Tout le génie des titres comme « Radar Detector », le faussement enjoué « Bad Day » ou l’insolant « The Suicide Song » découle d’une production terriblement cheap. Un premier effort discographique low-budget spontané, à contre-courant des grosses machines industrielles qui surpeuplent la scène indie.

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