2009 a connu son lot de consécrations musicales, ses groupes-découvertes ou albums-révélations. Et pourtant, peu de revues sont consacrées au dernier long playing de Wild Beasts, sorti en 2009 chez Domino Records. Ce jeune quatuor nous vient tout droit d’une petite bourgade issue du nord-ouest de l’Angleterre, berceau par excellence du genre rock pop made in UK. Certes, comme tant de petits groupes partagés entre l’ennui du countryside et les décadences de la City, leurs débuts sont relativement banals : la formation se forme sur les bancs du lycée en 2002, enregistre sont premier Ep demo en 2004 et, une fois leur ‘A’ Level en poche et l’envie de percer en tête, ils vont s’installer dans la ville la plus proche… Leeds. Néanmoins, là où ils se distinguent parmi le bataclan des groupes montants, c’est dans la dimension mystique potentielle de leurs productions.
Leur premier elpee « Limbo, Panto » (2008, Domino Records), bien construit et digne de reconnaissance, avait déjà fait parlé de lui, entre autres pour son originalité et la crudité de ses textes. « Two Dances », sorti un an plus tard, a haussé les 4 petits Anglais sur la grande scène. L’album commence sagement, chauffe l’auditeur sans révéler d’emblée ses talents. Mais déjà, la voix exceptionnelle de Hayden Thorpe nous coupe le souffle –une voix opératique (contreténor) – dont le fausset irréprochable rappelle, dans un autre registre, Jimmy Somerville. Intrigués, on continue par l’envoûtant « Hooting & Howling », le premier single qui nous emmène dans son battement séduisant, avant « All The King’s Men », encore un single, où la mélodie est doublée par Tom Flemming (également à la guitare et au piano) et sa texture propre plus ténébreuse –le tout est simplement sublime. Car, et surtout, ces courbes chantées sont constamment soutenues par un groove convaincant. La région des lacs dont ils sont originaires se reflète sans doute dans leur musique : l’aspect agréablement aqueux de « Two Dancers (ii) », les effets cristallins de « When I’m Sleepy », le tout se liquéfie dans les vibratos de Thorpe. Le troisième single « We Still Got The Taste Dancin’ On Our Tongues » présente les mêmes qualités : exaltant, solide dans ses assises et haut en finesse. La batterie (Chris ‘Bert’ Talbot) se veut claire et pas excitée (« Two Dancers (i) »). Voix de feu sur rythme dansant et guitare indie (« Ben Little »), l’elpee audacieux, qu’on a du mal à référencier vu sa singularité, offre une musique aérienne.
Si le public est, à premier abord, timide lors des concerts, le groupe ne met pas longtemps à décoincer les oreilles et les esprits. La conclusion est sans réplique : oui, on aime ! On les veut au sommet très prochainement pour un succès qui, vu le début si consistant, est prêt de durer, on l’espère.

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