Charles Thompson vient probablement d’enregistrer son 18ème long playing au cours de sa carrière. En comptabilisant ses projets collectifs (Pixies, Catholics, Grand Duchy) et en solitaire (Frank Black, Black Francis). Et en solo, il en est quand même à son 12ème elpee.
Pour concocter ce « Nonstoperotik », il a reçu le concours d’Eric Drew Feldman (NDR : reconverti en producteur, ce bassiste possède une fameuse carte de visite ; claviériste au sein du band de Captain Beefheart, il a notamment produit des œuvres des Residents, de Pere Ubu, dEUS, PJ Harvey et bien sûr pour Charles, sans oublier les Pixies) à la mise en forme. Un disque dont les sessions n’ont duré que quelques nuits.
Découpé en 11 plages, l’œuvre surprend par ses arrangements alambiqués, luxuriants, réservés à une bonne moitié des compos. Notamment sur les ballades. A l’instar du trompeusement laidback « O my tidy sum », au cours duquel, Frank se prend pour Jimmy Somerville. Un falsetto qu’il nous ressert lors de la comptine enfantine « Rabbits ». Des compos qui traitent surtout de foi et de religion. Comme lors de la première partie de la plaque. On retrouve quand même des accents ‘pixiesques’ sur la cover du « Wheels » de Flying Burrito Brothers. Et même un solo de guitare bien saignant. Sur le virulent « Six legged man », également, sorte de réécriture de « Tony’s theme ». Sur la compo qui ouvre le cd, « Lake of sin », une plage percutante mais imprimés sur des tempos variables. Et en fin de parcours de la ballade surf « Dead man’s curve », moment choisi pour pousser des hululements, des glapissements et des aboiements. A partir du 8ème titre, le style change radicalement. D’abord, à cause de ce « Wild son », calqué sur le « Riders on the storm » des Doors. Basse fiévreuse et piano électrique compris. Encore que lorsque ces ivoires empruntent les sonorités d’un bar, c’est plutôt à un vieux western, tourné par Ennio Morricone, qu’on se met à penser.
Et soudain, notre Charles se laisse glisser dans des confidences érotiques. Vantant les mérites du cunnilingus sur la ballade mid tempo « When I go down on you ». Sa voix en devient même éraillée comme Bruce Springsteen. Et sa mélodie hymnique. Il en remet même une couche sur le titre maître, un fragment nettement plus dépouillé (NDR : évidemment !)
L’album s’achève par la compo la plus intéressante : « Cinema star ». Parce que la plus originale et lumineuse. Tout y est : sens mélodique, richesse des arrangements (NDR : presque prog ?), variations de tempi, cordes de guitare bringuebalantes. En extrapolant on pourrait imaginer un croisement hypothétique entre Wilco (des débuts), Danielson et Elbow. A cet instant, Frank est en état de grâce (NDR : à quand des lyrics sur les oligo-éléments contenus dans la semence masculine ?)

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