Morphine est au jazz moderne ce que Birthday Party était au post punk. Austère, couvant, hanté, il semble vouloir exister au sein d'un vide artistique où seules texture et émotion importent. Coproduit, suivant la bonne habitude, par Mark Sandman et Paul Q Kolderie (Hole, Radiohead, Dinosaur Jr), le troisième opus de ce trio bostonien continue de vagabonder dans une atmosphère sordide, nocturne, somnambulique. Basse à deux cordes, slide tendue, saxophone baryton débauché, fiévreux, drums minimalistes, jazzifiants, souples, murmure vocal réminiscent d'Orson Welles, entretiennent ce funk névrotique, intoxiqué de lyrics sombres, à l'humour mordant, mais terriblement fascinant...