Hormis quelques souvenirs humides, laissés à quelques milliers de métalleux belges, lors de son passage à Forest National –c’était en 2009, lors d’une première partie précédant Nightwish– on ne peut pas dire qu’Indica ait vraiment marqué les esprits, dans notre beau pays. Et pour cause, le groupe féminin n’avait enregistré jusqu’ici que des albums entièrement chantés en finnois et destinés uniquement au marché scandinave. « A Way Away », le nouvel opus, entièrement interprété en anglais, devrait probablement aider les cinq jeunes filles à franchir un nouveau palier.
Fondé en 2001 par cinq copines de classe, le combo a connu un succès fulgurant dans son pays natal, dès 2003. Et pour cause, son premier album, « Ikuinen Virta », a squatté les charts finlandais pendant plus de 30 semaines. « A Way Away » constitue le cinquième elpee de ces très jolies demoiselles qui, pour la seconde fois de leur carrière, se paient le luxe d’une production signée Tuomas Holopainen (le leader/claviériste de Nightwish).
Les fans de Nightwish qui, à la lecture de ces premiers paragraphes, se seront rués sur le web pour commander leur copie d’« A Way Away » en espérant y retrouver la patte ‘métal symphonique à chanteuse’ chère au combo de Tuomas Holopainen auraient probablement mieux fait de lire la suite de cette chronique, puisque, de métal symphonique, chez Indica, il n’en est pas vraiment question.
Jonsu (chant, violon, guitare, claviers), Heini (basse), Sirkku (claviers, clarinette, piano), Jenny (guitare) et Laura (batterie, percussions) ont gagné, chez elles, leur lettres de noblesse en créant un mélange harmonieux de pop et de rock aux lyrics inspirés par la nature et la légendaire mélancolie finlandaise. Leur style, plutôt original, a même été décrit, par la presse de leur pays, comme de la pop mystique romantique.
L’atout principal d’Indica, procède probablement du style vocal surprenant de Jonsi. Une voix nasillarde et légèrement enfantine dont le timbre pourrait camper un hybride entre ceux de Kate Bush et d’Olivia Ruiz. La musique du groupe ne recèle pas grand-chose de métal. Il y a bien quelques riffs de guitare éparpillés parcimonieusement, et puis l’influence de Tuomas Holopainen au niveau des orchestrations et des parties de claviers est très palpable. Certains passages pourraient d’ailleurs carrément avoir été tirés des sessions d’enregistrement de « Dark Passion Play ». Mais abstraction faite de ces détails, la musique d’Indica est vraiment personnelle. Pop, mais pas trop commerciale. Rock, mais en incorporant des influences classiques et folk. Mélancolique, mais certainement pas triste. Les chansons, aux refrains mémorisables, sont envoûtantes et pourraient charmer une palette assez large de mélomanes. Une bonne surprise.

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