Un duo français qui chante en anglais ? Encore un ? Et pourtant on aurait tort de ranger Nili Hadida et Benjamin Cotto aux côtés de Cocoon ou encore de The Do, comme la plupart des journalistes ont tendance à le faire pour ces faibles raisons… Non, Lilly Wood and the Prick peuvent gentiment déclarer qu’ils apportent un grain innovant, plus mainstream que leurs compatriotes. Ce qui risque donc de les inscrire dans de plus hautes sphères. Du moins, s’ils continuent comme ils ont commencé…
Formé en 2006 et lancé en 2008 sur une compile Folk & Proud, le groupe sort en 2009 son premier Ep, dont le titre prête à sourire, « Lilly Who and the What? », uniquement disponible en version numérique. Après une notoriété myspacienne et une reprise remarquée du titre « L.E.S Artists » de Santigold, Nili et Benjamin enregistrent chez leur producteur Pierre Guimard, qui les accompagne également sur scène, et connaissent une tournée incognito relativement couronnée de succès : les copains lancent le ton dans la salle, et le public suit.
Le duo a préparé le lancement de son premier elpee, « Invincible Friends » sorti le 31 mai dernier, en publiant le single « Down the Drain », la plage la plus accrocheuse du disque, qui connaîtra certainement son heure de gloire méritée dans les soirées (parisiennes) indie électro ces prochains mois. « My Best » offre les mêmes gimmicks aussi bien affûtés pour une scène électro pop. Si le guitariste raconte avoir grandi dans le blues et le rock classique, ses références n’influent cependant sur l’album qu’en surface, en plus propre, plus léché, plus décent… C’est plutôt dans la voix féminine que l’on retrouvera les accents rauques bluesy. Les paroles de la chanteuse relatent leur quotidien, les soucis d’une population urbaine (« No no (Kids) ») et, dans cette nonchalance générationnelle, on pense à Adrienne Pauly (qui chanterait plus aigu), aux pleurnichements de Soko lors des ballades (« Cover my Face », « Prayer in c »), pour rester dans l’Hexagone. Cat Power alors ? Définitivement, moins pour les quelques accords au piano que pour cette langueur latente, mais manquant légèrement de coffre.
Cet album aux lyrics sans prétention et teintés d’ironie passe ainsi des riffs new wave aux sessions acoustiques agrémentées de flûte, en passant par quelques vagues folk. Si les Français insistent sur le côté ‘indé’ de leur dernière production, leurs deux gueules d’ange qui s’affichent sur un packaging off –et online– réussi démontrent une visibilité soignée et pas désagréable. Ce groupe photographique est cependant à découvrir, en enregistrement dans un premier temps car leur programme n’inclut malheureusement pas la Belgique pour les mois à venir…

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