Si la maison Morr a bonne presse, c’est parce qu’elle offre un espace de liberté à ses artistes, dans le domaine de la créativité. A contrario des labels qui se repaissent de grosses vibrations électro, l’écurie allemande privilégie les sonorités léchées, subtiles et sensuelles. Et Lali Puna en est probablement la plus belle illustration. Derrière un sentiment de fausse mélancolie, Valerie Trebeljahr et ses sbires n’en ont rien à cirer de faire transpirer le peuple sur le dance-floor. A l’instar des opus précédent, Lali Puna préfère muscler le cœur et le cerveau plutôt que les mollets. Pas pour rien que les mauvaises langues reprochent à ces ‘snobinards des claviers’ de se complaire dans une certaine forme de masturbation intellectuelle.
Il aura fallu quand même attendre six ans avant que le combo ne décide de refaire surface. Pour reprendre leur périple, là où il l’avait abandonné. Pourtant, si les compos de cet elpee sont à la fois émouvantes et belles, elles semblent un peu datées. Elles baignent même au sein d’un climat terriblement electro-vintage. Comme si le groupe n’était pas sorti de son studio depuis 10 ans, et qu’il était soudainement confronté à la dure réalité de l’évolution. Bref, nonobstant son titre, « Our Inventions » n’invente rien. Une bonne raison pour inviter les cerveaux troués à se focaliser sur des artistes davantage dans l’air du temps. Les autres resteront assis, les jambes en tailleur à s’inoculer, par grosse intraveineuse, cette solution sonore tout en douceur, esthétisme, charme, délicatesse et effervescence…

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