The Baseballs. Une blague ou quoi ? Mon redac-chef adoré aurait-il voulu me faire un poisson d’avril (NDLR : en juin ?) Faute avouée est à-moitié pardonnée. Alors, un aveu ? (NDLR : restons dans le thon !) Ben apparemment non les amis. The Baseballs est une formation qui se prend très au sérieux. Un vrai groupe dont le vocaliste chante dans un micro et les musicos se servent de véritables instruments. Sans oublier le look. Et quel look ! Attifés comme Fonzy dans « Happy Days », The Baseballs ont adopté toutes les caractéristiques extérieures inhérentes aux disciples du rockabilly : la grosse banane sur la tête, les boots, la chaîne qui pend, la chemise à carreaux, l’Harrington ou le teddy sur le dos ; bref, de parfaits apparats pour ces Presley des temps modernes. D’ailleurs, le vocaliste chante à la manière du King. Usant et abusant tant des modulations dans le timbre que des tremolos gutturaux (NDR : non ne n’est pas un ukulélé ivre). Et pourtant, ce ne sont pas des Yankees, mais des Allemands.
L’univers America 50’s comme décor, The Baseballs se complaît dans la véritable caricature, en proposant des versions swing rock de morceaux qui ont cartonné dans les hits parades. Dont « Umbrella » de Rihanna, « Hot N cold » de Kate Perry et « Crazy In Love» de Beyoncé. Bien entendu, ces adaptations prêtent à sourire. Mais de rire en moquerie, le pas est vite franchi. On se surprend à se foutre royalement des chansons pour ne garder que ce mimétisme flagrant qu’ils imposent. On en rirait de bon cœur, s’il s’agissait d’un gag. Une parodie délibérée de l’univers sonore de Brian Setzer voire de Warren Smith, revue et corrigée par Slade et Abba. Mais il n’en est rien. The Baseballs revendique solennellement un respect qu’il estime mériter. Faut croire que ses membres prennent le public pour des cons. Dans ces conditions, il vaut mieux en rire. Et perso, franchement, aux éclats. Elvis, reste couché mon frère, j’ai l’impression qu’ici bas, il y a des gens chez qui ça ne tourne plus très rond…

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