Witchery est au thrash/black/death métal ce que Chickenfoot est au hard rock : le ‘super-groupe’ ultime. A l’instar du groupe de Sammy Hagar et Cie, tout le monde chez Witchery est titulaire d’un pédigrée impressionnant. Sharlee D’Angelo, par exemple, est le dernier bassiste connu de Mercyful Fate. Il pratique aussi son art de la quatre-cordes chez Arch Ennemy et Spiritual Beggars. Patrick Jensen, lui, est l’un des guitaristes du combo thrash The Haunted. Il a jadis milité chez Brujeria et Satanic Slaughter. Rille Rimfält, l’autre six-cordiste est également un ex-Satanic Slaughter. Il distille dorénavant ses riffs death métal au sein de Seance. Quant à Martin ‘Axe’ Axenrot, il manipule ses baguettes magiques chez Bloodbath et Opeth. Le dernier engagé de la bande, Erik Hagsted (alias Legion) a connu son heure de gloire quand il était le hurleur des black métalleux de Marduk. Il continue actuellement son discours morbide au sein de Devian.
Il est vrai qu’un collectif de musiciens célèbres ne suffit pas toujours pour accoucher d’un bon disque. Cependant, chez Witchery, la mayonnaise a pris instantanément. Intitulé « Witchkrieg » (NDR : déjà le sixième pour ce groupe dont le premier méfait discographique remonte à 1998), ce nouvel opus est tout bonnement excellent. Comme pour ses réalisations précédentes, Witchery invoque Destruction, Kreator, Celtic Frost, Sodom et tous les autres dieux du thrash européens des années quatre-vingt. La batterie d’Axenroth est dantesque. Quant aux riffs, ils sont furieux et acérés, souvent speedés et brutaux, mais aussi lourds et malsains. Ce métal sauvage et primaire est boosté d’une bonne dose de black et de death métal comme il fallait s’y attendre de la part de musiciens issus des scènes extrêmes scandinaves.
Quelques invités de marque viennent renforcer cette palette, déjà pourtant impressionnante, de V.I.P.s. En effet, pas moins de six guitaristes légendaires du métal classique et du thrash ont collaboré au projet : Kerry King (Slayer), Hank Shermann (Mercyful Fate), Andy LaRocque (King Diamond), Jim Durkin (Dark Angel), Gary Holt et Lee Altus (Exodus). Ils sont venus illuminer « Witchkrieg » de leurs soli cristallins.
A l’heure où le thrash métal semble vouloir revenir en force, « Witchkrieg » arrive à point nommé pour donner une bonne petite leçon de violence à tous les jeunes groupes qui voudraient se lancer dans l’aventure. Une bombe, ni plus, ni moins.

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