Trike est sans doute un adepte de l’humour au second degré. Un exercice de style périlleux mais jouissif, tant que son interlocuteur n’a pas l’impression qu’on se fout de sa fiole. Trike ne maîtrise pas parfaitement son sujet. Et il est à la limite de se casser la figure. A cause de cette recherche permanente –et pas toujours de bon goût– d’originalité. A l’instar de l’accoutrement débile des Canadiens, tout d’abord. De la pochette patchwork à finir soi-même. Et puis des références pas vraiment folichonnes. Qui oscillent de Pet Shop Boys à Lady Gaga, en passant par Flight of the Conchords. Dans ces conditions, faisons abstraction de l’emballage et ne retenons que l’essentiel : la musique.
L’expression sonore lorgne manifestement vers les 80’s et en particulier sa scène électro. De quoi craindre le pire. Mais Trike est parvenu à la transposer d’une manière intéressante. En y accentuant l’aspect naïf de cette époque. En se servant de la maladresse calculée et d’une bonne dose de dérision. Ici pas question de nous en mettre plein les tympans, dans le but de décoiffer la moindre moumoute qui se profile à l’horizon. Ici Trike s’amuse, se lance dans des farandoles new-wave et balance les pieds comme dans une kermesse. Evidemment, la saturation vient au fil de l’imperfection. Si la maladresse touche, elle finit vite par gaver. Un peu comme si La Bande à Basile reprenait « El Kahdafi » de Front 242 sur des accords de Hot Chip. Un peu comme si Gangster d’Amour chantait « O Sole Mio » sur des gimmicks sonores porno. Un peu comme si on se foutait de tout et de tout le monde, dans le fond… Saluons toutefois la prise de risque opérée par Trike. Et puis sa tentative de créer un univers chatoyant, mais complètement barré. Reconnaissons-lui un réel talent pour foutre le bordel. Une bonne raison pour ne pas négliger ce disque, car il est toujours utile d’enrichir sa compactothèque d’œuvres extravagantes…

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