Depuis qu’il a entamé sa seconde carrière, le créateur de l'éthio-jazz se fait tailler un joli disque, histoire de ne pas se faire oublier. Après la publication d’un volume compilatif “Ethiopiques”, paru en 1998 (NDR : il lui était consacré), un recueil popularisé par la BO du film de Jim Jarmush "Broken Flowers", en 2004, Mulatu Astatke nous propose aujourd’hui "Mulatu steps ahead", un album orchestré avec savoir-faire, brassant des ambiances de jazz new-yorkais et des sons groovy, mariant Orient et Occident, percussions maliennes, piano et vibraphone d'une manière assez originale. Elégante, sans fioritures, sa musique évoque des personnages de James Bond. Si certains morceaux transmettent la même énergie que le superbe album des ‘Ethiopiques’, l'ensemble du disque est plus calme, d'une tiédeur distinguée que les mauvaises langues qualifieront de musique d'ascenseur.
Des gammes orientales se mêlent aux trompettes bouchées, les congas ponctuent les mélodies répétitives de flûte et de saxophone. Les ingrédients sont là pour que la sauce prenne mais elle retombe régulièrement.
A la manière des radios libres, une voix rappelle régulièrement le titre du disque, le nom de l'artiste et du label : ‘You're listening to Mulatu Atsatske ; Mulatu steps ahead’, rituel que d'aucuns jugeront narcissique, voire agaçant. L'ensemble du disque n'est pas désagréable mais manque de saveur, comme si ce ‘pas en avant’ promis par Astatke n'était en réalité qu'un pas sur place, une place qui a déjà 40 ans aujourd'hui. Certains morceaux atteignent la hauteur des fameuses compilations, dont le lancinant dernier morceau "Motherland".
N'en déplaise aux adorateurs du roi de l'éthio-jazz Mulatu Astatke, qualifié de prophète ou de maestro, et malgré les critiques dithyrambiques adressées à ce disque, cette galette ne vaut ni les récentes collaborations de Sir Astatke auprès de The Heliocentrics (chez Strut Records également), ni ses premiers pas dans le monde musical, opérés vers la fin des années 60.

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