Loin de constituer un pôle d'attraction touristique majeur, la ville de Birmingham regorge pourtant d'attraits artistiques qu'il serait dommage d'ignorer. Non contente de défrayer la chronique culturelle, en accueillant des expositions avant-gardistes dans son Ikon Gallery, elle demeure un terreau fertile en termes d'émergences musicales.
Si par le passé, les portes de la cité ne s'ouvraient pas à l’aide d’une clé de Sol, des groupes tels que Black Sabbath, Electric Light Orchestra ou The Charlatans sont parvenus à les enfoncer pour justement sortir des murs de son enceinte et faire entendre leurs voix au monde. La scène locale a bien entendu ses propres ramifications, dont l'une d'elle, baptisée 'Rétro Futurist Electronic' nous conduit au cœur des souterrains de la ville, là où la lumière de vieux projecteurs aux halos psychédéliques se substituent à la lumière du jour. Et où les synthés vintage s'accoquinent sans scrupule avec la crème de l'electronica. De ce vivier en sous-sol, nous parviennent les sons tout à la fois délicieusement passéistes et étonnamment précurseurs de groupes tels que Broadcast ou Plone. Transfuges de ces deux groupes, Timothy Felton et Billy Bainbridge, ont formé, fin 2004, Seeland, creusant le sillon d'un vinyle maintes fois écouté mais toujours placé à portée de platine.
Oscillant quelque part entre un ‘easy listening’ de toute bonne facture, le travail pointu du BBC Radiophonic Workshop et le KrautRock cher à Neu! (NDLR : leur patronyme est inspiré d’une compo du combo teuton), leur musique ne manquait pas de références datées, mais en recelait ô combien d’excitantes. Après avoir scellé une filiation auprès de Stereolab, en signant un single et un Ep sur le label Duophonic, le band a finalement trouvé refuge au sein du label Loaf qui a publié son premier album en mars 2009.
Ce second opus poursuit le travail de défrichage entamé, mettant l'accent sur un son plus organique et des mélodies pétillantes. Spectral et psychédélique, oui, mais en y ajoutant des bulles. Un verre de limonade dans une capsule temporelle. Comme en témoignent les titres « Awake in a dream », « Circles » et « Recall » ou encore les sonorités analogiques qui parsèment l'album. « How to live » est une invitation à accomplir un voyage au cœur du passé à l’aide d’une machine qui va de l'avant.
Soulignons le travail d'orfèvre opéré par Brian Duffy à la production, dont les seuls faits d'armes, jusqu’il y a peu, étaient ces performances étonnantes au sein du Modified Toy Orchestra, dont le nom vous aiguillera sur la texture musicale dudit projet.
A cheval sur son histoire et sa résurrection postindustrielle, Birmingham peut compter sur Seeland pour faire écho à cette dualité dans un futur conjugué au passé simple.

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