« Embrace », le premier elpee de ce sextet californien était paru l’an dernier. « Fever » est déjà son successeur. Un disque dont le style trempe toujours dans le psychédélisme. Mais un psyché revivaliste, en vogue depuis quelques années.
Sur ce nouvel elpee, Seleepy Sun est cependant parvenu à se libérer, quelque peu, de ses influences. Surtout en début de parcours. Si le morceau introductif, « Marina », évoque tant Black Sabbath, King Crimson et Led Zeppelin pour les dinosaures que Black Mountain et Dead Meadows au sein des mélomanes contemporains, la suite se révèle plus audacieuse. D’abord parce que les vocaux sont bien mieux équilibrés. Et la conjugaison entre le timbre féminin et masculin est absolument parfaite. Un des points forts de l’elpee. Outre les inévitables guitares distordues, les compos accordent également une place conséquente à l’instrumentation acoustique (guitare sèche, harmonica), à l’instar de « Rigamaroo » voire de « Wild Machines ». Des compos qui lorgnent alors manifestement vers le psyché folk. Malheureusement, progressivement, Sleepy Sun en revient à un psychédélisme basique. Lourd, indolent, hypnotique. Mais dont les morceaux tirent un peu en longueur. Le trip de neuf minutes, proposé par « Sandstorm Woman », finit même carrément par nous pomper l’air. Et la suite est de la même trempe ; les changements ou les ruptures de tempo se révélant bien trop rares pour nous extraire d’une certaine forme de léthargie. Dommage cet essoufflement qui survient en beau milieu de parcours. Et pour me consoler, je vais me rabattre sur l’écoute d’un disque de Black Mountain…

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