Noyé dans la masse dense des sorties de l'année, cet album mérite qu'on s'y attarde sur le tard et qu'on projette sur lui un halo de reconnaissance qu'il n'aura pas volé.
Le destin de Once again (Wan's) est pour le moins atypique. Né d'une première mouture formée dans les années quatre-vingt par Phil W et ChampX sous le nom de Lattice Work, le groupe connaît alors le parcours classique de nombre de combos belges à l'époque, à savoir galère et mépris total du peu de structures mises en place alors dans nos belles contrées pour ce genre de musique. Enregistrés par Luc Van Acker, ils sortiront néanmoins un 45t en 1989, sur une structure allemande. Dans l'anonymat et l'indifférence, le split est consommé peu de temps après ; ce qui n'empêchera pas nos deux lascars de continuer au sein de Snowy Red dès l'aube des années 90 et jusque 91 où dès lors, on n'entend plus parler d'eux. Il est amusant de noter que la bio du groupe commence d'ailleurs en 2004, quand au travers de différents line-up, ils finissent par trouver un certain équilibre dans une formule à trois qui leur permet de publier une démo 4 titres. Après un énième remaniement, Micky Mike, lui aussi ex-Snowy Red reprend le micro. Mais les rouages du destin jouent alors un cruel tour à Wan's, et atteint d'un mal fatal, le chanteur tire sa révérence dans le courant de l'année 2009. Saluons l'abnégation de la paire originelle qui allant de l'avant, a dû se trouver un nouveau chanteur, en la personne de Red Ced (ex-Temple Shade).
Cet « In a lifetime » au titre évocateur est donc leur premier essai dans cette configuration. Naviguant entre electro, new wave et pop, l'équation, si elle n'est pas franchement originale, marque quand même un certain savoir faire qu'il serait sot d'ignorer. En optant pour une approche léchée, le groupe rappelle qu'avant The White Lies, il y avait Front 242, et qu'après l'ère Factory, il s’est creusé un gouffre géant que nombre de jeunes ont tenté de combler en singeant Joy Division, mais qu'au sein de notre mère patrie, figuraient déjà nombre de pousses, parfois injustement négligées. A l'heure où Orchestral Manoeuvre In The Dark revient pour le pire, ne gâchons pas notre plaisir de découvrir ce disque sorti il y a déjà quelques mois.
Enregistré à Berlin, ces neuf titres valent le détour et signent, j'espère, la naissance d'un nouvel ordre.

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