Lorsqu’on monte un groupe, dénicher un nom original tient parfois du casse-tête. Heureusement, l’univers de J.R.R. Tolkien est une source d’inspiration inépuisable. Haradwaith, par exemple, est le nom d’une région située au sud de Gondor et Mordor. C’est, curieusement, le patronyme qu’a choisi ce combo black métal gréco-germain, dont les lyrics sont pourtant beaucoup plus axés sur le satanisme que le récit des aventures de Frodon Le Hobbit.
L’histoire d’Haradwaith débute en Grèce en 2003. A cette époque le line-up n’est constitué que d’Erebor (NDR : encore une allusion à Tolkien) et Raudhrskal. Les deux musiciens sont frères. Erebor est batteur, Raudhrskal guitariste. En 2005, ils s’installent en Allemagne et recrutent deux membres supplémentaires : Vorst à la basse et Slaktare à la guitare. Mais ce n’est qu’en 2009 qu’Haradwaith croit enfin trouver sa voix définitive en la personne d’Iblis, l’ancien frontman du combo black métal allemand Endstille. L’enregistrement de « Creating Hell » débute quelques mois plus tard. Une fois l’album mis en boite, Iblis annonce son intention d’abandonner définitivement la musique. Son remplaçant, un nommé Skoll, est intégré assez rapidement. Soucieux de présenter au public les qualités de son nouveau hurleur, Haradwaith réenregistre trois titres de « Creating Hell », en sa compagnie. Ceux-ci sont ajoutés, en bonus, à la version définitive de l’album.
« Creating Hell » est découpé en onze plages (NDR : huit enregistrées par Iblis et trois réenregistrées par Skoll). Un opus de black métal brutal, haineux et virulent. Le groupe semble chercher son inspiration dans la musique de Mayhem et aussi un peu, pour les guitares, chez celle d’Emperor. Le son est clair et puissant. La musique rapide et relativement technique. Erebor, derrière les fûts, abuse un peu trop des blast-beats ; ce qui, à la longue est un peu irritant. Sur les trois titres bonus, la différence entre la voix d’Iblis et celle de Skoll n’est pas vraiment flagrante.
A défaut d’être original, « Creating Hell » surprend par sa qualité sonore ; ce qui, pour une musique aussi brutale, est vraiment un plus.

Nederlands
Français 
