J’avais quitté Tracy Bonham, en 1996, lors de la sortie de son hit imparable, « Mother Mother », un morceau issu de l’album « The Burdens of Being Upright ». Vous aussi probablement… Et pourtant, depuis, Tracy n’a pas chômé et n’a jamais cessé de composer. Il n’a jamais été question pour elle de se contenter de vivre de ses rentes après son succès planétaire. Elle publie d’ailleurs aujourd’hui « Masts of Manhatta », son 4ème album, mais dans l’indifférence quasi générale de ce côté de l’Atlantique. L’Américaine a pris son temps pour composer cette œuvre sculptée dans un folk très classique, souvent dénué du moindre intérêt. Une collection de chansons honnêtes mais souvent interminables et très peu emballantes. Si la voix est toujours bien maîtrisée, son style a pris un coup de vieux, malgré le soutien du trio new-yorkais Smokey’s Roundup (Tom Waits, Beck, Norah Jones). Faut dire que la concurrence contemporaine est autrement inspirée.
Les compos de « Masts of Manhatta » sont balisées par un violon, des chansons parfois ‘balkaniques’ qui baignent au sein d’un climat paisible, mais qui n’accrochent guère. Par respect de l’artiste et du travail bien fait, on épinglera quand même « Big Red Heart » et « We Moved Our City to the Country », deux plages qui ne parviennent cependant pas à nous extraire de cet ennui poli au sein duquel cet opus nous plonge. Un disque enregistré à Woodstock, pour lequel elle a également reçu le concours de son mari, Jason Fine, éditeur du mythique magazine Rolling Stone… qui l’a d’ailleurs encensé récemment. Conflit d’intérêt pour cet album sympathique mais réellement anecdotique ?

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