Les reformations d’Unruly Child et de Strangeways étaient les plus attendues de la fin 2010, sur le catalogue Frontiers. Premier groupe du chanteur Terry Brock, le légendaire Strangeways est toujours considéré, plus de vingt ans après avoir publié un « Native Sons » d’anthologie, comme l’un des fleurons du hard fm britannique. Plutôt discret ces dernières années, Brock a vu sa carrière prendre un nouvel envol lors de la sortie, il y a six mois, du nouvel opus très convaincant de Giant, autre carrure du AOR. Il y a peu, le vocaliste remettait le couvert et comblait les amateurs du genre en publiant son deuxième album solo, « Diamond Blue », florilège de titres accrocheurs à haute teneur mélodique. Autant dire que le tant attendu nouvel elpee de Strangeways s’annonçait sous les meilleurs auspices après cet avant-goût sans faute et plutôt bien burné pour du fm rock. « Perfect World » n’arrive malheureusement pas à la cheville de ce scintillant ‘diamant bleu’, et encore moins à celle de l’indétrônable « Native Sons ».
Malgré la présence de trois membres de la formation d’origine (Ian Stewart, Jim Drummond et Terry Brock), cette nouvelle livraison ne parvient jamais à décoller, à l’exception d’une quatrième plage salvatrice, le très beau « Time », qui sauve le combo d’un naufrage quasi total. Desservie par une production catastrophique, cette succession de ballades insipides s’apparente davantage à un excellent remède contre les insomnies plutôt qu’à un bon album de rock, même mélodique. Les artistes sont pourtant doués, réputés pour leur perfectionnisme et leur amour du travail bien fait. Aucun fan ne s’attendait à si piètre résultat. Le mot déception n’est pas trop fort pour décrire le sentiment qu’on éprouve à l’issue de l’écoute de la plaque dont on espère qu’elle ne sera qu’une parenthèse dans la carrière d’un Strangeways aujourd’hui largué à des encablures de ses années dorées. Unruly Child n’aura, à juste titre, aucune peine à s’imposer dans la catégorie ‘meilleure reformation AOR de l’année’.

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