Il existe un cabaret sur Madeleine Boulevard, à la lisière d'une forêt au nord du pays, où les chansons de Spencer The Rover prennent leur envol, la nuit, et où l'amour est décliné sur un piano aqueux (NDLR : à queue ?) Joliment orchestrées, ces histoires habitent cet ensemble de neuf comptines qui s'écoutent loin des tourments de l'envie. Il y a aussi du trombone dans les coulisses, des cordes pour se peindre et des cuivres à mastiquer, parfois on y fait du cor(ps) à cor(ps). On pense à Bambi, seul sans sa maman, et tristement, on se demande à quoi on cerf. Sur un tapis de feuilles mortes, bruissent les pas du gibier ; au loin, le soleil se levant, la chasse accourt. The Accident n'en est peut-être pas un. C'est un bel album, qui emprunte tantôt aux Beatles, tantôt à l'Elton John des 70's, se moque des tendances et mise sur l'originalité. Koen Renders n'est pas inconnu au-delà de la frontière linguistique, et l'homme sait s'entourer. Sa voix est pour beaucoup dans le subtil équilibre qui régit l'ensemble de ses belles chansons. En prime, une version léchée de « Sad songs », histoire d'attirer l'attention des radios. En catimini, l'oiseau a fait son nid.

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