Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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The Soft Moon

Écrit par - Akim Serar -

On peut s'échiner à défricher de nouveaux horizons, essayer de dégoter le nouveau son, on est quand même toujours quelque part à la recherche d'éléments qui nous ramènent à nos premières amours. Et on peut faire la fine bouche et réfuter cette nostalgie un peu fleur bleue, quand le chemin balisé mène au plaisir, il serait sot de ne pas l'emprunter.

La route qu'emprunte The Soft Moon nous est familière et nous conduit par des routes tortueuses jusqu'à la maison, en haut de la colline. Maison, dis-je? Non, un manoir plutôt. Dont la sombre ossature surplombe une nuit glaciale, bercée en arrière plan par un crépuscule boréal aux couleurs pastels qui rappelle Tuxedomoon (la lune, élément central). Le vent qui agite les ramures et fait danser les ombres inquiétantes des arbres tout autour surgit de froides alcôves où s'agitent encore et toujours des esprits chagrins. Impossible de lutter, malgré le sentiment de manipulation. Consciemment, on fait route vers le passé, prêt à frayer avec ces spectres.

Le tout commence à vive allure, comme une course effrénée au milieu d'une forêt. La basse aux trousses, un chant comme un soupir qui insuffle une dimension vaporeuse à ce premier titre. « Breathe the fire » feu glacial dans cette aurore ouatée. Une guitare montre la direction à emprunter. Puis une voix dans le lointain, comme une chute dans des abysses sans lumière. Chair de poule. « Circles » se dessine ensuite, tout en circonvolutions. Frénétiquement, ses spirales ascendantes nous entraînent vers le cortex, laissant nos sens pantelants et notre souffle court. On pénètre plus encore dans l'antre de la nuit. « Out of time » et ses synthés fantomatiques vacillent comme la flamme d'une bougie, sa rythmique implacablement régulée sur le pouls de Lol Tolhurst. « When it's over » et ses pleurs se noient dans l'océan du vide, échos lointains d'un ‘drawning man’ sous perfusion. Une voix se dilue dans l'éther et un chant se rapproche de celui de Jónsi Birgisson, l'âme de Sigur Rós. « Dead love », ce titre! La basse caracole sur un beat aux mouvements de balancier. New Oder est encore brûlant sur les cendres de Joy Division. « Parallels » ou des lignes qui ne se rejoindront jamais mais défilent à vive allure en marche arrière. « We are we » est un manifeste pour le moins audacieux, quand greffé à un motif répétitif de batterie, il sort directement des sillons de « Pornography » ou de « One hundred years », plus exactement. La stéréo de « Sewer sickness » et le chant haletant : une course effrénée à reculons. Plus on fait marche arrière et plus il semble qu'on se rapproche, comme dans un rêve. « Into the depths » plane au dessus de nos têtes. Ectoplasme virevoltant. La psychose aux trousses, « Primal eyes » nous dévisage de son regard de braises, et la fuite vers le passé reprend de plus belle. Le ciel tremble et la terre s'assombrit. Courir, courir et ne pas se retourner vers le futur. Non, surtout pas. Des miroirs renvoient nos images déformées. Un sourire barre nos visages. Mais est-ce notre bouche que nous voyons ainsi reflétée en ce rictus ? « Tiny spiders » et sa rythmique tribale, sa guitare spectrale, sa voix sans issue, termine cet album rétrospectif. On pourrait ajouter les noms de Siouxsie and The Banshees, de Cabaret Voltaire, de Bauhaus, de Slowdive, d' Explosions In The Sky et de bien d'autres. Ce premier album éponyme en est une somme magistrale.

Luis Vasquez, l'identité derrière The Soft Moon a puisé généreusement dans l'histoire de ce qu'on nomme la cold wave et a conçu un monstre hybride mais terriblement attirant. Le charme de la bête est un piège. Et comme un amateur, je suis tombé dedans.

Informations supplémentaires

  • Band Name: The Soft Moon
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Captured Tracks
  • Date: 2010-11-16
  • Rating: 5
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