Avant de fonder son groupe, Peter Dolving a sévi successivement chez Haunted et Mary Beats Jane, deux formations suédoises de métal pour lesquelles il s'impliquait beaucoup dans l'écriture des compositions. Après sept années, il a décidé de tourner la page pour embrasser un style musical plus contemporain, sis quelque part entre rock alternatif et pop indé. Flanqué de son propre combo, il enregistre "Just 'cause You Can Talk, Don't Mean I Have to Listen" en 2000 ; puis en solo, "One Of Us", l'année suivante.
A l'instar d'un Billy Bragg, Peter Dolving a beaucoup de choses à dire. Notamment dans le domaine politique. Il fait ainsi le procès du néo-libéralisme à travers ses lyrics, même s'il se proclame anarchiste. Musicalement, ce " Bad blood " offre de multiples facettes, dont trois prédominantes. Sous sa forme la plus acoustique, la plus minimaliste, les chansons évoquent tantôt Bragg (" Red Camino "), tantôt Connor Oberst alias Bright Eyes (" When you leave me "). Sous sa forme la plus luxuriante, la plus hymnique, elles libèrent une forme de 'big music' proche des Waterboys. Les contagieux " Be kind ", " Should have been you " et " Brake or bust " en sont les plus belles illustrations. Peter y épouse même les intonations chantées/parlées de Mike Scott. Sous sa forme la plus énigmatique, la plus tourmentée, elles sont hantées par le spectre du défunt Afghan Whigs. Et je pense tout particulièrement aux superbes " Fourteen " et " Soapoperaboxeduptoxic ", ainsi qu'au tout aussi excellent, mais davantage incantatoire " 45 and six ". Peter n'a pas oublié qu'il est passé par le métal, en nous gratifiant d'un solo de guitare sur le morceau de garage échevelé " New beauty queens ", et puis adresse un clin d'œil au " Love cats " de Cure, à travers " Water over bones ". Mais les meilleurs tracks de l'opus demeurent cependant, à mes oreilles, " On and on " et " Hey ! ", deux plages qui font un peu la fusion de toutes les influences susvisées. Je serais cependant ingrat, en ne soulignant pas la qualité du drumming dont l'efficacité et la souplesse me rappellent Jon Brookes, le drummer des Charlatans. Excellent !

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