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Benjamin Gibbard n'a même pas 25 ans, et déjà une belle carrière derrière lui : après l'excellent album de son side-project électro-pop The Postal Service (" Give Up ", une perle), voici qu'il récidive la même année en compagnie de son groupe plus " indie-rock ", Death Cab For Cutie. Mais cette fois, le jeune prodige a calmé ses ardeurs et nous propose un joli recueil de 11 chansons douces-amères, portées par sa voix toujours si caressante, des riffs parfois rebelles et du piano aux notes légères. S'il inaugure le bal par un titre taillé pour les ondes (" The New Year ", de la pop sophistiquée mais pas vaniteuse), Gibbard ne se prend pas la tête : à choisir, mieux vaut rester dans l'ombre que d'être grillé par les spotlights. Parce que DCFC, malgré son évidence mélodique qui rappelle Papas Fritas, Bright Eyes et les Pet Shop Boys de " Being Boring " (ben oui), n'est pas vraiment taillé pour le succès de masse. Exposer ces vignettes pop à la lumière aveuglante des diktats FM équivaudrait à les dénaturer et les détruire. Pour apprécier justement ces chansons raffinées, mieux vaut donc les écouter tout seul dans sa chambre, les écouteurs sur les oreilles. La démarche est égoïste, mais le bonheur, ici, est à ce prix. Une fois apprivoisées, peut-être alors pourront-elles être partagées. Liée par une indéfectible joie, la petite communauté réunie autour de Gibbard pourra dès lors reprendre en chœur les " pa pa pa " de rigueur, et s'extasier devant ces compos aux charmes vénéneux. Jusqu'à se perdre et se fondre dans l'allégresse collective d'un grand moment pop devenu trop rare.

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