Toute liberté a un prix. Elle génère parfois dans son sillon de destruction un remodelage du fond mais souvent aussi, de la forme. Et tout modèle d'émancipation porte les stigmates de la dérive, de la dépravation, bref, de la nature humaine. La révolte en tant qu'outil majeur, est à ce titre à double tranchant. Alors associée au génie créatif, elle brise les chaînes de l'esclavage et ainsi permet que naisse à l'occasion telle œuvre d'Art ou tel mouvement singulier.
Tout le propos de cette intro passablement indigeste résume le travail d'un seul homme. Ian Svenonius, puisque c'est de lui dont il est question, fait partie de la race des blancs-becs qui n'ont pas froid aux yeux. L'ex-Make Up puise, depuis de nombreuses années, dans l'essence du Blues aux racines tortueuses, le suc de son art, qu'il perpétue au travers de la musique et de l'écriture. Passablement effronté, relativement dérangé, le lascar distille un son qui doit autant à la Pop des sixties et des seventies qu'au Black power de Détroit. Affranchi de toutes règles et contestataire à la vindicte acerbe, sous le couvert de son dernier projet en date, il ose un « Music's not for everyone » en forme de pamphlet. Et à l'écoute de ce magistral pied de nez à l'industrie du disque, on ne peut que lui donner raison. Il sert ici un disque teinté d'humour terriblement efficace (« Youth is wasted in the young », quel titre déconcertant de cynisme, n'est-il pas?) qui fait mouche à la première écoute. Un opus qui suit l'excellent « Down With Liberty... Up With Chains », publié en 2009. Chain and The Gang érige, tout au long de ce nouvel elpee, un sommet de coolitude, dont les hymnes tels que « Livin' rough » ou « I've got privilege » n'ont pas fini de faire danser tous les poulets de la terre.
Simple et direct, frais comme un alcool doucement frelaté, cet opus est un manifeste contre la servitude à la bêtise ambiante.
Pour sûr! Gainsbourg aurait adoré ce requiem pour un con.
« Music's not for everyone. » Yeah! You're fuckin' right, mate!

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