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Écrit par - Akim Serar -

Patronyme inspiré d'une vielle légende danoise, Esben and The Witch affiche clairement ses influences gothiques dès le premier morceau (« Argyria »). Progressivement l'atmosphère s'installe. Dans l'écho lointain, des cris d'angoisse se fondent dans un crépuscule glacial. Au-dessus des ramures d'arbres séculaires, se profile la silhouette de la sorcière… Siouxsie. Frissons garantis ! De ce cercle de fées, montent les flammes tourmentées de guitares saturées, quand soudain, le calme s(')ab(b)at comme un linceul flottant à l'aube d'un renouveau. Ensorcelant ! Le « Marching song » qui lui emboîte le pas n'est en rien moins efficace. Jouissant d'une vidéo inspirée, cet extrait recèle probablement du potentiel nécessaire à ériger le groupe en nouvelles figure de proue d'un genre souvent décrié, mais pourtant toujours adulé. « Marine Fields Glow » plonge dans des eaux glaciales où une nuée d'ondines appellent à l'abandon. Pour qui est sensible à ce type d'ambiance sombre et torturée, la suite de l'album est de la même veine et ne livre ses secrets qu'au fil d'écoutes répétées. L'ivresse gagne à l'écoute de « Light Streams » et de ses notes répétées en cascade quand des perles digitales scintillent sur un « Hexagon IV » incantatoire. Loin de déstabiliser, ce traitement numérique se marie habilement à l'ensemble ésotérique, issu du meilleur de la Cold Wave, amenant le groupe sur des terres moins empreintes du lourd héritage des années 80. Les sonorités shoegaze des guitares embrumées de « Chorea », le battement binaire de « Warpath » et sa mélodie envoûtée d'une réjouissance maligne, les cris et les bruits lugubres de « Battlecry / Mimicry » qui doucement s'envolent et font place à une mélancolie qui pénètre chaque pore de la peau (« Eumenides ») et enfin le final grave et sépulcral de « Swans » en cygne d'adieu, tout ici tend vers une œuvre au noir diablement inspirée. Beau, triste, et teinté d'un espoir chagrin.

Du fond de leurs alcôves, les Banshees en rient encore. Si une phrase devait à elle seule résumer la grâce de cet album, je citerais cet extrait de Macbeth : ‘L’inquiétude présente est moindre que l’horreur imaginaire.’ (William Shakespeare)

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Esben & The Witch
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Matador / Beggars Banquet / V2
  • Date: 2011-01-31
  • Rating: 5
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