Lorsqu’on écoute, au fil des années, des tas et des tas d’albums, avant de les chroniquer, la lassitude guette toujours. Aussi, il est réconfortant, de constater, qu’en 2011, on peut encore être agréablement surpris et puis même succomber à un son particulier (Forest Swords), une attitude (The Radio Dept.), une énergie (The Go! Team)… ou une voix simple et envoûtante. Et Sean Rowe appartient assurément à la dernière catégorie. Relativement inconnu chez nous, ce bûcheron possède en effet un baryton puissant, ébréché, profond, comme on en entend rarement.
Très peu d’infos circulent sur le parcours de ce compagnon de label de Nick Cave et Tom Waits. Une chose est sûre, « Magic » ne constitue pas le premier elpee de ce songwriter américain. Son attitude théâtrale, son sens mélodique très développé et sa plume d’une grande richesse confèrent à ses compos une intensité et une vulnérabilité désarmantes. Tout au long de cet elpee, il nous parle de l’enfance (« Night »), la famille (« Wet »), l’histoire des Etats-Unis ou la musique. Les morceaux sont dépouillés mais ne nécessitent pas d’habits flamboyants, tant leur force est évidente. Dès les premières notes de « Surprise », on comprend que cet album deviendra un compagnon de route pendant de nombreuses années. Et même lorsqu’il empoigne une gratte électrique pour attaquer des titres plus rock comme « Jonathan » ou « Wrong Side of the Bed », Sean tire parfaitement son épingle du jeu. Véritable cerise sur le gâteau, « American » mérite à lui seul une mention particulière. A cause de cette nuée de cordes et de ces accords délicats au piano. Irrésistible ! Ou « Magic », si vous préférez ! Souvent comparé à Van Morrison, Bruce Springsteen (époque « Nebraska ») voire Leonard Cohen, Sean Rowe constitue, pour votre serviteur, une véritable découverte. Et son talent risque d’exploser aux yeux et aux oreilles du monde entier, d’ici peu.

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