Les Fuzztones comptent déjà 31 ans d’existence. Bien sûr la formation new-yorkaise s’est accordé une pause à la fin des nineties ; mais elle est toujours demeurée fidèle à son style garage. En concoctant ce nouvel opus, la bande à Protrudi a voulu restituer le son le plus proche possible des disques enregistrés au cours des sixties. Ainsi la voix de Rudi est bien (trop) mise en relief alors que les drums n’en ont pratiquement pas. Et puis ces chœurs ringards à la Yardbirds me restent sur l’estomac. Résultat des courses, on a l’impression que les compos sont sous-produites. Certains vont adorer, d’autres détester. Perso, j’estime que si l’elpee recèle de bonnes chansons, une meilleure mise en forme, pas nécessairement optimale mais au moins soucieuse de l’équilibre entre les différents instruments, leur aurait permis de faire la différence. Néanmoins, on épinglera quand même l’hymnique « Between the lines », l’énigmatique « Flirt, hurt & desert », les excellents « Invisible » et « Don’t speak ill of the dead », deux plages réminiscentes du Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn », la première menaçante et la seconde fiévreuse, ainsi que le presque stoogien « Old », un titre hypnotique, au cours duquel le chant de Protrudi est aussi déclamatoire que celui d’Iggy Pop. Pour le reste, pas de souci, on retrouve ce climat malsain entretenu par ces cordes de guitare psychédéliques, filandreuses, frémissantes et l’orgue Vox tout à tour rogné, fluide, poussiéreux et même atmosphérique sur le ‘manzarekien’ « Lust pavillon ». Mais au final, on a beaucoup de mal à assimiler ces sonorités brutes de décoffrage. Une petite déception.

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