Guilty Connector, alias Kohei The Fast, est un adepte de la musique industrielle et ‘bruitiste’, tout comme Tabata Mitsuru, le guitariste de Zeni Geva, d'autres foudres de guerre spécialistes du lynchage sonique le plus destructeur. A deux, ils ne pouvaient donc que faire du bruit, beaucoup de bruit : sur ces huit titres cacophoniques, Guilty Connector et Tabata repoussent les limites de l'audible jusqu'au point de non-retour, quelque part en enfer, dans les limbes carbonisés de ce qu'il est encore difficile d'appeler " musique ". Car plus que tout, ces déflagrations se vivent plus qu'elles ne s'écoutent : plongé dans ce capharnaüm terrifiant, l'auditeur se noie. Ses sens en déroute et son cerveau en pleine déliquescence, c'est l'inertie. De cette tempête de bruits blancs, de riffs infernaux et de beats plombés, il ne faut pourtant pas avoir peur… même si l'affronter de plein fouet peut provoquer de graves problèmes auditifs. Certains s'évanouiront en entendant cette " musique " violente, défigurée par l'acide et pleine de limaille écorchant les tympans. D'autres y trouveront peut-être la lumière, la transcendance. Quoi qu'il en soit, on n'en sort pas indemne. De Merzbow aux Boredoms, les Japonais ont toujours aimé jouer avec nos nerfs. A ne pas mettre dans toutes les oreilles, cela dit, même si ça débouche mieux les tympans qu'une boîte entière de cotons-tiges.

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