Sur une rythmique hypnotique, une voix mâle susurre âprement " I Need ", tandis qu'une boucle boiteuse ressasse la même ambiance, suintante et malsaine. Le synthé primitif en rajoute une couche. Puis surgit un cri, féminin : " It's Time ", hurle-t-elle… Mais la batterie métronomique continue son labourage mental et nos nerfs sont au bord de l'implosion. Lancinant et revêche, implanté quelque part entre Girls Against Boys (la voix), Can et Spaceman 3, le rock déglingué de Gomm est construit comme une spirale : autour de ces deux phrases scandées sournoisement tournent, comme des vautours autour d'une charogne, tous les instruments. Après six minutes de supplice jouissif, ils finissent, à force de répétition, par étouffer ces mots (et nous avec). Mais ça repart de plus belle avec " Organic Unity ", cette fois-ci plus proche d'un Blonde Redhead à la française (Gomm vient de Lille). Le troisième morceau, " Break Machine ", débute dans le calme. Traître : dès que la batterie se fait plus pressante et que le synthé s'impatiente, on sait que la déflagration, à nouveau, n'est pas loin. Mais encore une fois, c'est un chaos superbement orchestré, comme si Wire et Sonic Youth s'étaient donné rendez-vous en enfer. Incandescente et sensuelle, la musique de Gomm est à se damner. Vivement la suite !

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