Près de deux années ont été nécessaires pour voir naître ce projet singulièrement intéressant, tant sur papier, qu'à l'écoute de ces quinze titres aux couleurs d'un crépuscule africain.
Compositeur discret mais au talent reconnu dans le monde du jazz, Sven Kacirek s'attelle ici à une œuvre qui doit autant à son propre talent qu'à celui de ces autochtones pour le meilleur d'une collaboration riche en couleurs.
L’idée de pénétrer un monde différent, de quitter l'angoisse et la schizophrénie des grandes métropoles et de s'imprégner de la culture musicale de ce magnifique continent, précède ce voyage pluriculturel.
Loin de ses installations, l'artiste va alors récolter matière à son travail : chants traditionnels et hymnes locaux, rencontres avec ces voix qui font la magie des grands plateaux longeant le lac Victoria (Ogoya Nengo, grande dame qui prête son organe sur « Dear Anastasia », chanson qui du reste lui est dédiée), et enrichissement personnel au contact de ces gens dotés d'une grande ouverture d'esprit.
En ressort au final un disque dense et sauvagement beau. Peut-être simplement beau? Loin des crédos engoncés de notre vieille Europe. Captivant de bout en bout, « The Kenyan sessions » offre un billet vers l'imaginaire, et s'écoute sans effort.
Le piège de l'intellectualisme ayant été parfaitement contourné, je ne peux que vous inviter à jeter dans la gueule du lion...

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