Lors de la sortie en 2008 de « Black Part Love », son premier Ep, il ne fallait pas être devin pour prédire que la petite Sanne Putsey, alias Selah Sue, n’en resterait pas là. Depuis, la demoiselle a arpenté de long en large les planches des salles et des principaux festivals belges sans relâche. La France l’a adoptée à son tour, après son passage remarqué sur le plateau de l’émission ‘Taratata’. Et c’est désormais le globe dans toute sa circonférence que la Louvaniste s’apprête à mettre à genoux. Les fans de la première heure commençaient légèrement à désespérer tant le laps de temps écoulé entre le « Black Part Love Ep » et ce premier disque éponyme a été long. La chanteuse a pris son temps pour peaufiner son œuvre, dont le résultat est quasiment impeccable. Coproduit par Patrice, « Selah Sue » fusionne Soul, Ragga et quelques touches de Folk sans la moindre fausse note. Mais c’est bien entendu le timbre de voix particulier de la jeune femme qui fait tout le charme de l’ensemble.
Mais tout n’est pas parfait dans le monde de Selah Sue (NDLR : dites Su !) Alors que l’on s’attendait à une plaque aussi brute et émancipée que les démos parues antérieurement, la demoiselle a préféré opter pour un son beaucoup plus lisse et vendeur. Ainsi, la version single de « Raggamuffin » est bien pâle comparée à l’originale, l’enivrant et très Soul « Black Part Love » est noyé dans une orchestration inutile et le captivant « On The Run » a tout simplement été écarté. Malgré ces faux-pas, Selah Sue enchaîne les hits potentiels avec autant d’aisance que lorsqu’elle se produit sur scène. « Crazy Sufferin Style », « Peace Of Mind », « Crazy Vibes » ou « Please », son duo en compagnie de Cee-Lo Green, sont autant de tubes implacables qui, aux portes de l’été, tombent à pic. De l’ABClub et la Rotonde à un triple sold-out à l’AB configuration salle, Selah Sue ne risque pas de se fondre dans le décor de sitôt.

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