Une country-blues anémique dévoile ses charmes mutants sur fond de free jazz psychédélique, tandis qu'une voix caverneuse susurre des mots doux, coincée entre un harmonica malade et une mandoline rouillée… Jackie-O Motherfucker est un collectif de musiciens biberonnés au blues famélique de Robert Johnson, au folk cosmique du No-Neck Blues Band et aux expériences limites des Boredoms. Leur musique, de l'improvisation hors-catégories où se côtoient violence et épure, sagesse et turbulences, prend aux tripes, intoxique.
" Change ", leur huitième album mais le premier à bénéficier d'une véritable promotion internationale (via Textile, un label français), décharge son trop-plein d'émotions sans jamais tomber dans l'obscurantisme, même si l'expérience se révèle parfois éprouvante (trop de genres, trop d'influences, trop d'idées, souvent dans un seul titre). Si " Everyday " rappelle le blues des années trente, mais un blues carbonisé, atomisé par une recherche constante de sons nouveaux, la suite ne sait jamais sur quel pied danser : psychédélisme fumeux teinté de jazz électrique (" Sun Ray Harvester "), transe chamaniste, bruitiste et apocalyptique (" Bus Stop "), Frip(p)eries ambient et post-rockeuses (" Fantasy Hay Co-op "),… " Change " ne décevra pas les amateurs de musiques de traverse, difficiles mais démentes. De l'exorcisme salvateur pour les amateurs de sensations fortes et d'illuminations sonores.

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