Quand Laika est apparu il y a 10 ans, c'était en pleine tempête trip-hop : à l'époque, on y croyait déjà plus trop, et tous les groupes nés de la cuisse de Portishead semblaient bien fades à côté de l'excellence du groupe de Barrow et Gibbons. A l'écoute de ce best of, il faudra pourtant se rendre à l'évidence : Laïka ne faisait pas partie de ces ersatz pseudo-bristoliens aux trajectoires filantes et à l'éclat bien terne. Trop vite catalogué comme membre de la nébuleuse trip-hop, Laïka rata donc sa cible (les fans de musique extra-terrestre), et nous poussa à aller voir ailleurs. Il aura fallu dix ans et une compile pour qu'enfin Laïka soit considéré à sa juste valeur. Parce que ce groupe mariait avec bonheur le krautrock et le post rock, le trip-hop (quand même) et la pop, les rythmes de l'Afrique et la musique électronique. Comme une étoile, dont la luminescence, la flamboyance ne nous arrive qu'en temps décalé, des années plus tard… Le premier disque regroupe les meilleurs morceaux du groupe (" Breathe ", Bedbugs ",…), le deuxième propose peel sessions, remixes, live et faces B (dont une reprise de Wire, " German Shepherds "). La plupart des étoiles que l'on voit briller dans la nuit sont en fait déjà mortes : ce décalage, toujours. Que ce best of scelle la fin du groupe serait dommage, même si leur talent, déjà en 93, fut étouffé dans l'œuf du trip-hop alors en vogue. " Lost In Space " ? A notre firmament, Laïka brille encore pourtant de milles feux. Peut-être que dans dix ans on en reparlera (" 2013, l'odyssée de… ", titreront les magazines de rock)… Jusque-là, on a le temps de réécouter tout ça avec plaisir, seul avec ces bugs cliniques, ses rythmes tribaux et ces voix venues d'ailleurs.
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