A l’issue du split d’At The Drive In, la moitié du groupe s’en est allé fonder Sparta, et l’autre, c’est à dire Omar Rodriguez Lopez et Cédric Bixler Zavala, The Mars Volta. « de-loused in the commatorium » constitue son premier elpee. Produit par Omar et Rick Rubin, il a bénéficié du concours de Flea des Red Hot, venu donner quelques bons coups de guitare et de percus. Autant vous dire de suite, la surprise est de taille ! Bonne pour les uns, mauvaise pour les autres, elle ne laissera pas indifférent. D’abord, une certitude : les musiciens sont des virtuoses et Cédric, le chanteur, possède une sacrée voix. Ses vocalises sont ainsi capables d’osciller entre les timbres de Robert Plant (Led Zeppelin), Jon Anderson (Yes), Matt Bellamy (Muse) et de Perry Farrell (Porno For Pyros, Jane’s Addiction). Les compositions sont très longues. Entre 7 et 12 minutes. En outre, les lyrics s’inscrivent dans le cadre d’un même concept : la tentative de suicide d’un de leurs proches. Et la musique très complexe, baroque, n’accorde que peu d’espace aux mélodies. Vous me voyez donc arriver avec mes gros sabots. Oui, on en ici en présence de musique progressive. Néo progressive, si vous préférez, brassant à la fois du métal, du jazz, du funk, du psychédélisme (NDR : ou plus exactement du space rock), du hardcore, de l’électro, un peu de dub et autant de world, ainsi que de l’ambiant. On est ici à des années-lumière du punk d’ATDI ! Et je dois avouer que je n’écoute plus guère ce genre d’élucubrations sonores depuis presque un quart de siècle. Mais, il faut le reconnaître, Mars Volta a le mérite de remettre au goût du jour une musique qui, à premier abord, n’intéressait plus que les babas-cools. Et peut-être, à travers leurs références, de susciter l’envie, au sein de la génération actuelle, d’aller à la découverte des albums incontournables (NDR : souvent les premiers) de Pink Floyd, King Crimson, Genesis (NDR : celui de l’Archange Gabriel, hein !) et pourquoi pas de toute l’œuvre de Peter Hammill (avec ou sans le Van Der Graaf Generator). Il y en a d’autres, mais ce sont ceux qui risquent de vous familiariser le plus avec la prog. Sans oublier les quatre premiers elpees du Led Zeppelin. Mais là, on navigue plutôt dans le nec le plus ultra du métal. Parce qu’au plus vous allez avancer dans la décennie des seventies, au plus vous allez comprendre pourquoi ce mouvement a accouché de « dinosaures » et provoqué la réaction du mouvement punk. Et comme l’histoire n’est qu’un éternel recommencement…

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