Derrière PJDS se cache Pieter-Jan De Smet, artisan saisonnier de l'indie-rock flamand, à qui l'on doit déjà trois albums passés plutôt inaperçus. Avec cette nouvelle livraison, PJDS s'est entouré d'un vrai groupe (Mirko Banovic à la basse, Geoffrey Burton à la guitare et Frederik Van Den Berghe à la batterie), de quoi donner davantage d'envergure et de tenue à ses chansons rock pleines d'allant. Ca commence fort avec " Me " et ses riffs à la Mick Ronson. PJDS, d'ailleurs, y chante comme Bowie… Tout le disque est ainsi teinté d'une couleur seventies, du Thin White Duke à Peter Gabriel. Du rock plutôt classique, certes, mais de qualité : " Light Sleeper ", " Arsonist " et " Truth " pourraient bien devenir, à cet égard, de vrais tubes. Parfois, Pieter-Jan susurre aussi comme Jarvis Cocker (" Killer Cosiness "), ou miaule, tel un baryton dépressif, comme Andrew Eldritch (" Car To Crash "). Toutes ces références n'ont d'autre intérêt que de caser le bonhomme (une obsession de journaliste), mais l'on peut très bien apprécier ce " Suits You " sans ces préliminaires catégoriques, en fin de compte plutôt puérils. C'est d'ailleurs là où on l'attend le moins que PJDS émeut le plus : en plein milieu d'une ballade crépusculaire (" No Surprise " et son violent indolent, le beau " Mood Like Old Paint " en clôture), quand le rocker se fait crooner, les guitares débranchées et la rage des premiers titres noyée dans les vapeurs d'alcool.

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