Vous vous souvenez de ce petit con qui vous emmerdait en gardienne ou de ce branleur qui emballa votre copine en rétho, sous les quolibets goguenards de vos camarades de classe ? Et bien ouais ! C'était Camu et Metro (aka ‘Mr. Fuck-A-Lot’), les deux types qui se cachent derrière S.A. Smash. C'est ce que dit leur label, Def Jux, et on finirait presque par le croire, même si c'est juste pour déconner, sans blague. Faut dire que les deux rappers sont de vrais fiers-à-bras, proclamant avec crétinerie qu'ils " adorent baiser " (" Love To F*ck "), et " haïr " aussi (" Love To Hate "). Pas des petites frappes, ces mecs. Plutôt du genre à traîner dans la rue tard le soir, à fumer des spliffs et reluquer les pépettes. Bizarre, on connaissait Def Jux pour ses disques précurseurs voire intellos, de RJD2 à Cannibal Ox. Comme quoi il ne faut jamais coller trop vite des étiquettes ! Parce qu'ici, on a plutôt affaire à du rap de gros couillons, efficace mais d'une fraîcheur douteuse. Avec leurs gros sabots de pseudo-gangsters nourris à South Park et au " Scarface " de De Palma, Camu et Metro balancent leur gros son un peu comme ces gosses qui, planqués derrière des buissons, jettent des pétards sur les vieilles : pour faire peur, mais surtout pour se marrer. " Ca troue le cul ", dirait Cartman, et c'est vrai que ça groove du fond du rectum : basses rondelettes, BPMs à la Timbaland (" Get Home ", très Clipse), dope r'n'b (" Weird "), cuivres boombastic (" A.A. "), P-Funk (" Love To F*ck ", avec Aesop Rock), guitares salaces,… A la fin, les deux copains (comme cochons) ralentissent pourtant la cadence, comme s'il était temps de se la jouer profil bas après toute cette bamboula pas sérieuse : sur la platine, LL Cool J s'invite (" Spot Tonight "), et les filles remettent leur T-shirt (mouillé). Mais la nuit ne fait que commencer…
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